HalJordan Universe

C'est ici que vous serez confronté à un monde occulte et pour le moins humain qui est le mien

jeudi 15 mai 2008

Pourquoi pas l'ADN au secours du peuple palestinien ?

En Italie, pour résoudre le "mystère" étrusque, les scientifiques et les biologistes ont recours, depuis quelques années, à l'ADN dans la recherche des origines de ce peuple qui vivait notamment en Toscane, quelques siècles avant JC. Plusieurs villages font l'objet de ces recherches, et les premiers résultats ont été récemment publiés. Ainsi, il apparaît que les Étrusques seraient venus d'Anatolie . D'autres résultats sont annoncés. Lorsque Arthur Koestler publia, dans les années 50, son ouvrage iconoclaste, "la 13e tribu" , dans lequel il démontrait que les "juifs" d'Europe orientale étaient en réalité des descendants des Khazars, un peuple turcophone originaire du Caucase (donc des aryens, et non des sémites), le livre fut quasiment passé sous silence. Aujourd'hui, Marek Halter a repris l'histoire pour en faire un roman "le vent des Khazars"

Du temps de Koestler, l'ADN n'existait pas. Pourquoi ne pas aujourd'hui effectuer des recherches sur l'origine de toutes ces communautés juives, qui n'ont visiblement rien à voir entre elles ? Celles de l'Est, celle d'Allemagne, celles du monde arabe etc. Nous voyons bien, à l'oeil nu, que tous ces gens que l'on appelle "juifs", ne constituent ni un peuple, ni une ethnie. De même, il n'a jamais été démontré que les Hébreux, après la conquête romaine, se seraient "dispersés", les uns vers le Maghreb, les autres vers la Baltique etc. etc. De plus en plus, on estime que, tels les Khazars, ce sont des populations qui se sont converties au judaïsme à un moment donné, en fonction des événements, ou des invasions. Koestler expliquait que des ethnologues juifs qui étaient arrivés à la même conclusion que lui, se virent interdire de publier leurs travaux au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour une raison fort compréhensible : les Ben Gourion, les Golda Meir, les Shamir ( des khazars !) revendiquaient la terre de Palestine en prétendant que c'était la "terre" de leurs "ancêtres", et ce, bien entendu, soutenus par les maîtres de l'URSS, ces grands amoureux de la "vérité historique" ! Le petit juif de Pologne, disait-on, ne répétait-il pas en se levant chaque matin, depuis des siècles "l'an prochain à Jérusalem" ? En vérité, ceux qui émigraient gagnaient les États-Unis et non la Palestine ! Là encore, avec l'aide des soviétiques, les sionistes les expédièrent en Palestine pour y combattre "l'impérialisme britannique" que Staline espérait bien expulser de la région.

Imaginons les chrétiens de Chine, du Japon ou de Corée exigeant le "retour à Rome" et en Italie - le pays de leurs "ancêtres" - simplement parce qu'ils sont catholiques ? Même à l'ONU ils seraient obligés de rigoler !

Pourquoi ne pas proposer - à l'occasion du 60e anniversaire de la Naqba - à la communauté scientifique internationale, de mettre en place un institut de recherche, sous le parrainage de l'ONU ou de l'UNESCO, qui ferait toute la lumière, avec les moyens modernes d'investigation, sur les origines de ces communautés juives, tellement différentes les unes des autres, qu'elles n'ont en commun, probablement, que la religion. La science au service de la politique et de la connaissance ? Voilà qui nous changerait du "bourrage de crâne", et nous aiderait à sortir du désespérant statu quo.


Jeudi 15 Mai 2008

Gabriel Enkiri
http://wwwkerlegan.blogspot.com
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mercredi 14 mai 2008

Grande première aux Etats-Unis

Les labos d'état passent aux tests sans animaux

Annoncé par l'agence Reuster à Washingtong le 14 février 2008

Les laboratoires publiques vont passer aux méthodes de tests sans animaux telles que les tests cellulaires et les banques de données pour tester l'innocuité des produits chimiques, les médicaments et les toxiques, ont annoncé par voie de presse les instan

Ces méthodes sont plus rapides, plus précises et beaucoup moins onéreuses font savoir the National Institute of Health ( NIH) and the Environnemental Protection Agency (EPA) [l'Institut National de la Santé et l'Agence de Protection de l'environnement Américain].

Le National Institut of Environnemental Health Sciences ( NIEH) et le National Human Genome Research Institute (NHGRI), tous deux partie intégrante du NIH ont déclaré q'ils travailleraient avec l'EPA pour s'assurer de la plus grande fiabilité de ces méthodes in vitro avant d'étendre le programme.
L'expérimentation animale a été la colonne vertébrale de la recherche scientifique mais le docteur Francis Collins, directeur du NHGRI américain a confirmé qu'elle ne peut prédire correctement la réaction à un produit chimique pour un humain…
Interviewé par téléphone, il ajoute :
« L'expérimentation animale est lente et onéreuse. Nous ne sommes pas des rats et même pas tout à fait des primates. »

La collaboration démarre doucement par un examen contradictoire des nouveaux tests rapides à haut débit, contre les anciens tests de toxines connues.
« Vous ne pouvez abandonner les tests sur animaux demain matin » se défend le docteur Elias Zerhouni.
En réponse le docteur Samuel Elias Wilson à la tête du NIEH prévient :
"Des laboratoires indépendants peuvent maintenant utiliser des méthodes sans tests sur animaux pour évaluer 100 000 composants jusqu'à 15 concentrations en deux jours…
Or, une personne devait travailler 8 heures par jour, 7 jours par semaine pendant 6 mois pour faire la même chose ! C'est tellement plus rapide" dit-il encore.

Dans le journal Science du 15 février dernier, le NIH et l'EPA font remarquer qu'entre 10 et 100 tests peuvent se faire sur un an utilisant des rongeurs comme des rats ou des souris. Des tests peuvent être faits plus rapidement à partir d'autres animaux alternatifs tels que des larves de poissons ou de mouches. Mais plus de 10 000 tests peuvent être effectués chaque jour grâce à des lignées cellulaires humaines ou des bio-puces.

Comité scientifique Pro Anima (du latin " Pour la Vie, le Souffle ").
Association formée autour d'un conseil de chercheurs du secteur public et privé, d'universitaires et de membres du corps médical.

Lundi 12 Mai 2008
contact@proanima.fr

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L'Apocalypse annoncée en 2030 : Les raisons de s'inquiéter

«Dieu a dit, il faut partager: les riches auront la nourriture, les pauvres, l'appétit.»
Coluche

Le monde actuel n'a jamais été aussi injuste et aussi inégal. 6 personnes ont une fortune égale à celle de 1, 8 milliard d'individus. Les inégalités sont devenues plus criardes sous l'effet de trois contraintes majeures: la raréfaction des ressources minières énergétiques, le coût élevé des matières premières dû notamment à la spéculation et, depuis une dizaine d'années, la crainte formelle des perturbations induites par les changements climatiques. Que l'on se rende compte du monde actuel! 1 être humain sur 2 vit avec moins de deux dollars par jour, 1 être humain sur 3 n'a pas accès à l'électricité, 1 être humain sur 5 n'a pas accès à l'eau potable, 1 être humain sur 6 est analphabète, 1 être humain sur 7 souffre de malnutrition. Pour couronner le tout: l'équilibre écologique de la planète est en danger. Pr Chems Eddine CHITOUR

D'après le Rapport Pnud 2004: «Au rythme actuel, l'Afrique sub-saharienne (600 millions d'habitants) respectera la scolarisation universelle dans le primaire en 2129, la réduction de la mortalité infantile de 2/3 en 2106. Pour la faim, la pauvreté et l'accès aux sanitaires, on ne peut pas fixer de date parce que la situation ne s'améliore pas, mais se dégrade.» Il peut sembler être une gageure que de prévoir l'avenir avec des paramètres aussi fluctuants et aussi peu linéaires. Il n'empêche que c'est justement cette incertitude des lendemains qui nous amène à échafauder des scénarii qui ont la particularité d'être démentis régulièrement par les grandes instances internationales et les centres de recherche sur l'énergie des Etats-Unis et de l'Europe.

Quels sont les défis prévisibles pour le futur? Nous en distinguerons 5. La population augmentera à près de 8 milliards d'habitants (surtout dans les PVD). La rareté de l'eau sera structurelle. Le déclin des énergies fossiles est daté. Le recours aux biocarburants participe à l'extension de la famine. Les changements climatiques sont annoncés. Les incertitudes du futur et les chocs civilisationnels qui sont latents. Ces défis, il en est qui sont de la responsabilité, à des degrés divers, des Etats. Un pays doit, pour «exister à cette échéance», tenir compte de tout ces défis et assurer son développement. Sur la base de toutes ces contraintes voire atouts, ils établissent des tendances d'approvisionnement et de consommation flexibles et constamment adaptables. Ce qu'on appelle, selon l'expression consacrée, «des bouquets énergétiques». On l'aura compris, les pays qui vivent au jour le jour n'ont aucune chance de survie dans la jungle annoncée, notamment à cause des nouveaux défis auxquels ils sont confrontés.

Les émissions de CO2 ont atteint le seuil de 26 milliards de tonnes pour 15 milliards de tonnes équivalents pétrole. Le quart est dû aux Etats-Unis. Chaque Américain envoie dans l'atmosphère 20 tonnes de CO2, contre 10 tonnes pour l'Européen, 2, 5 tonnes pour un Chinois ou un Algérien. Le cri d'alarme est lancé. Les émissions de CO2 ´´ont atteint un niveau dangereux´´ pour James Hansen, qui dirige l'Institut Goddard d'études spatiales de la Nasa. Il estime que le réchauffement climatique plonge la planète dans la crise et que le secteur énergétique tente d'en cacher l'ampleur au public. ´´Les émissions de CO2 dans l'atmosphère ont d'ores et déjà atteint un niveau dangereux´´ à 385 particules par million, ce qui représente un ´´point critique´´, a expliqué le spécialiste du climat. Il ne se passe pas de semaines voire de jours sans que l'on nous annonce que la banquise dérive, que l'Arctique se dégèle, que l'ours blanc risque de devenir un SDF, ne pouvant nager indéfiniment, n'ayant plus de «glace ferme» pour se reposer. De plus, et alors que les effets sanitaires du changement climatique sont actuellement constatés, le Dr Nata Menadbe de l'Organisation mondiale de la santé s'explique: «Un certain nombre de conditions sanitaires seront aggravées par le changement climatique»

La famine au Sud, le 4x4 au Nord. Nous y voilà! Il y aura en prime, une pénurie d'eau prévisible qui sera aggravée par la distraction de l'eau, source de vie, pour la production de biocarburant au détriment de la nourriture. Selon la FAO, la flambée des prix agricoles aura un impact dévastateur sur la sécurité d'au moins 37 pays. Face aux émeutes soulevées par la flambée des prix des denrées alimentaires, la FAO a tiré la sonnette d'alarme, vendredi. Son directeur général, Jacques Diouf, a lancé un appel le 11 avril 2008 aux chefs d'Etat et de gouvernement des 191 pays membres de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture. Son souhait est de les amener à tenir une Conférence sur la sécurité alimentaire mondiale.(2)

Par ailleurs, les biocarburants dont on nous dit tant de bien dans les pays industrialisés, commencent à amener à des questionnements. Le nouveau marché des biocarburants a fait monter le prix des céréales. George Bush veut que 15% des voitures américaines roulent aux biocarburants d'ici à 2017. Peter Brabeck le P-DG de Nestlé multinationale qui ne fait pas dans le sentiment et pour cause, s'agissant de ces biocarburants s'inquiétait du fait qu'aujourd'hui on soit déjà obligé d'avoir recours aux réserves fossiles d'eau, les réserves renouvelables ne suffisant plus. Selon le P-DG d'un des plus grands groupes agroalimentaires du monde, le développement des biocarburants serait en cause dans cette pénurie d'eau, l'eau étant la matière première la plus importante pour l'agriculture. La fabrication d'un litre de biocarburant nécessite quelque 9000 litres d'eau!!!

Les futures anciennes guerres de l'eau


Cinq fleuves majeurs de l'Asie qui s'écoulent sur 3 à 6000km chacun, le Brahmapoutre, le Mékong, l'Indus, le fleuve Jaune et le fleuve Bleu ou Yangtsé, ont un point en commun: tous prennent leur source sur le plateau tibétain. Voilà qui ajoute à l'importance géopolitique que la Chine accorde au Tibet. L'Empire du Milieu a pris pied sur le Toit du Monde parce qu'il a soif. Pas moins de trois milliards d'êtres humains sont concernés par l'eau qui provient du Tibet. La guerre de l'eau aura-t-elle pour autant lieu au Tibet?

D'aucuns avaient prédit que «les guerres au XXIe siècle éclateront à cause de l'eau», déclaration que l'on attribue à Ismaïl Serageldin, vice-président de la Banque mondiale à l'époque, c'était en 1995, alors qu'au début de ce nouveau millénaire, des voix s'élevaient à contre-courant. «La seule vraie guerre de l'eau connue remonte à 4500 ans», remarquait dans une interview au Courrier de l'Unesco, paru en octobre 2001, le géographe américain Aaron Wolf qui ajoutait: «Elle a opposé deux cités mésopotamiennes à propos du Tigre et de l'Euphrate dans le sud de l'Irak actuel». Le géographe américain note alors en 2001: «Cependant, au cours des 50 dernières années, on ne s'est battu pour l'eau que 37 fois, dont 27 concernaient Israël et la Syrie, à propos du Jourdain et du Yarmouk». On apprend aussi, que l'expansion des Etats-Unis a besoin de l'eau de la région amazonienne, dit Samir Amin. L'Irak pour le pétrole, l'Amazonie pour l'eau...Présent au IIe forum social pan-amazonien, à Bélem fin janvier 2008, l'économiste Samir Amin, auteur du terme ´´guerres américaines´´, considère que la question énergétique est fondamentale dans le projet hégémonique des Etats-Unis: aujourd'hui c'est le pétrole, demain ce sera le minerai de fer et l'eau.

Voilà donc résumé en quelques lignes, l'état du monde et les conséquences d'un capitalisme sans états d'âme et d'une mondialisation-laminoir. Voyons maintenant comment se présente le monde du fait de la consommation débridée de l'énergie par les pays du Nord. Nous pouvons résumer en deux mots les changements climatiques De plus, la boulimie énergétique du monde industrialisé a abouti à des perturbations de la Terre qui n'arrive plus à supporter les perturbations anthropiques. Le climat se dérègle, c'est désormais une évidence. Il est très probable que bientôt la température moyenne à la surface du globe soit de 2 à 4 degrés supérieure à celle du XXe siècle. Les pays en développement (surtout les pays émergents) vont vouloir, à juste titre, se hisser au rang des puissances occidentales. L'affrontement risque de devenir inévitable. Si les ressources manquaient, qui sera le premier servi? Huit cents millions de Terriens souffrent de famine et ce chiffre va probablement s'aggraver par pénurie d'eau prévisible, stérilisation et désertification de millions d'hectares chaque année, appauvrissement des ressources génétiques, migrations de réfugiés écologiques de plus en plus nombreux En 1992, dans un livre devenu célèbre, le penseur américain Francis Fukuyama décrétait «la fin de l'Histoire».

Le communisme venait de s'effondrer et il ne restait plus, selon lui, de concurrent idéologique à la démocratie libérale et à l'économie de marché. Aujourd'hui, un autre signataire de cette fameuse lettre, Robert Kagan, proclame «le retour de l'Histoire». Il en résume la substance dans le dernier numéro du magazine The New Republic. Contrairement aux grandes espérances de l'après-guerre froide, le monde n'est pas entré dans une ère de consensus idéologique, écrit-il. De fait, un nouveau combat se dessine entre démocraties et autocraties, au premier rang desquelles la Russie et la Chine, un combat qui sera un élément déterminant du monde du XXIe siècle. C'est donc officiel, écrit le professeur Michael Klare: c'est une ère de guerres pour les ressources, qui nous attend. John Reid, le secrétaire à la Défense britannique, a averti que le changement climatique global et l'épuisement des ressources naturelles se conjuguent pour accroître la probabilité de conflits violents portant sur la terre, l'eau et sur l'énergie. Selon lui, le changement climatique «rendra encore plus rares des ressources, l'eau propre, la terre agricole viable, qui sont déjà rares» et cela va «accroître plutôt que décroître la probabilité de conflits violents.» Dans un rapport de 2003 il écrivait: «La violence et les turbulences découlant des tensions créées par des changements abrupts du climat impliquent une menace pour la sécurité nationale, différente de ce que nous avons l'habitude de voir aujourd'hui. (...) Des confrontations militaires peuvent être déclenchées par un besoin désespéré de ressources naturelles comme l'énergie, la nourriture et l'eau plutôt que par des conflits autour de l'idéologie, de la religion ou de l'honneur national.» «Plus de 300 millions de personnes en Afrique manquent aujourd'hui d'accès à l'eau potable» a-t-il fait remarquer et «le changement climatique ne fera qu'aggraver encore cette situation terrible».

Et même si ces désastres sociaux vont se produire principalement dans le monde en développement, les pays plus riches seront entraînés dans la spirale de tels troubles, soit en participant à des opérations de maintien de la paix et d'aide humanitaire, soit en ayant à repousser des immigrants non désirés ou encore en ayant à combattre outre-mer pour l'accès à des approvisionnements en nourriture, pétrole et minéraux.

«Dans ce monde d'Etats guerriers» prédisait en 2003 le Rapport du Pentagone, «la prolifération des armes nucléaires est inévitable». Au fur et à mesure que le pétrole et le gaz naturel vont s'épuiser, de plus en plus de pays se rabattront sur l'énergie nucléaire pour satisfaire leurs besoins d'énergie, et cela «va accélérer la prolifération des armes nucléaires avec le développement par les pays de capacités d'enrichissement et de retraitement de l'uranium dans le but de garantir leur sécurité nationale. La supériorité militaire peut apporter l'illusion d'un avantage dans les luttes pour les ressources vitales à venir, mais ne peut pas nous protéger des ravages du changement climatique mondial...En fin de compte, notre seul espoir d'un futur sûr et garanti réside dans une réduction substantielle de nos émissions de gaz à effet de serre et dans une collaboration avec le reste du monde pour ralentir le rythme du changement climatique mondial».(1)

Que sera le monde du futur?

Face à toutes ces incertitudes dont certaines sont...certaines. Les sociétés du XXIe siècle, écrit Jérôme Bindé, se tâtent. Le XXe siècle a été l'époque des prévisions arrogantes, presque toujours démenties. Le XXIe siècle sera celle de l'incertitude, donc de la prospective. Moins que jamais, nous ne saurions prédire dans quel temps nous vivrons.
Mesurons-nous assez la révolution que ces découvertes introduisent dans la notion du temps? Voici venue la fin des certitudes: le temps n'a pas un avenir, mais des avenirs. Car la nature est désormais imprévisible: elle est histoire. Selon Robert Musil: «La trajectoire de l'histoire n'est pas celle d'une bille de billard qui, une fois découlée, parcourt un chemin défini: elle ressemble plutôt au mouvement des nuages, au trajet d'un homme errant par les rues, dérouté ici par une ombre, là par un groupe de badauds ou une étrange combinaison de façades, et qui finit par échouer dans un endroit inconnu où il ne songeait pas à se rendre.» «La voie de l'histoire, conclut Robert Musil, est assez souvent fourvoiement. Le présent figure toujours la dernière maison d'une ville, celle qui d'une manière ou d'une autre ne fait déjà plus partie de l'agglomération.

Chaque génération nouvelle, étonnée, se demande: qui suis-je? Qui étaient mes prédécesseurs? Elle ferait mieux de se demander: où suis-je? Et de supposer que ses prédécesseurs n'étaient pas autres qu'elle, mais simplement ailleurs.» Ilya Prigogine résume ainsi l'ampleur du bouleversement introduit dans la sphère des savoirs: «Sur quelle branche s'engagera le XXIe siècle? Quel futur pour le futur? (...) Avec la notion de la probabilité, les idées de l'incertain et des futurs multiples font leur entrée même dans les sciences du microscopique. (...) Nous allons d'un monde de certitudes à un monde de probabilités. Nous devons trouver la voie étroite entre un déterminisme aliénant et un univers qui serait régi par le hasard et, dès lors, inaccessible à notre raison.»(3)

Le développement, la qualité de la vie ne sont pas une ligne droite qui doit amener inexorablement à la croissance débridée occidentale. Il nous faut inventer un ´´modus vivendi´´ avec la nature. La planète sera invivable surtout pour ceux qui n'ont aucune façon de se défendre contre les anomalies du climat. Il est à espérer qu'une conscience supranationale émerge et contribue en vue de ce qui reste à sauver de cette Terre avant qu'il ne soit trop tard. Sinon ce sera l'Apocalypse si bien décrite dans les religions monothéistes et les sagesses orientales.

(*) Ecole nationale polytechnique

1.Michael Klare: Energie: la fin du monde telle que nous la connaissons Net
www.zmag.org/content/showarticle.cfm?ItemID=9900
2.C.E.Chitour. Les défis du futur. 12e journée de l'énergie. Alger le 15 avril 2008
3.Jérôme Bindé:L'avenir du temps. Jalons pour une éthique du futur. Le Monde Diplomatique. Mars 2002

Pr Chems Eddine CHITOUR
Ecole Polytechnique Alger

Mardi 13 Mai 2008
vdida2003@yahoo.fr

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Un cadre d'AT.T : en 2010, internet va s'effondrer sous le poids des données

[Gregor Seither - IES News Service - 5/5/2008]

Lors d’une conférence sur le Web 2.0, à l’occasion du Westminster eForum à Londres, la semaine dernière, Jim Cicconi, vice président de la société de réseaux télécoms AT&T a déclaré que, sans investissement massifs, l’infrastructure de réseaux actuelle qui forme Internet risquait d’atteindre ses limites d’ici à 2010. “Au rythme ou évoluent les habitudes de navigation et d’utilisation du Web, avec l’explosion de contenus multimédia générés par les usagers, le réseau ne pourra pas suivre et la bande passante risque de s’effondrer rapidement“.. . .

Cicconi a affirmé que, selon les estimations de AT&T, “l’échange de données en haut débit va être multiplié par 50 d’ici à 2015 “ et que AT&T allait investir 19 milliards de dollars dans la maintenance de son infrastructure et la remise à jour de son réseau backbone.

La demande croissante de vidéo haute-définition à la demande mobilise de plus en plus les infrastructures du réseau. Chaque minute qui passe YouTube reçoit l’équivalent de 8 heures de nouveaux contenus en téléchargement. Bientôt tout va basculer en norme HD, mais les contenus HD consomment entre 7 et 10 fois plus de bande passante que la vidéo standard utilisée aujourd’hui. En 2010 la vidéo représentera 80 % de tout le trafic Internet, contre 30 % aujourd’hui” a expliqué Cicconi.

Le vice-président d’AT&T a également fait remarquer que le phénomène Internet n’est rendu possible que parceque un groupe de sociétés, privées pour la plupart, fournissent l’infrastructure nécessaire à l’échange de données. “Il n’y a rien de magique ou d’immatériel dans le phénomène Internet–ce n’est pas plus magique ou immatériel que la voirie et le système autoroutier. Internet n’est pas tombé du ciel, ce n’est pas un phénomène naturel… c’est un projet qui ne vit que parce que des entreprises privées, des investisseurs privés décident de mettre de l’argent dans la mise à jour, l’amélioration et la maintenance d’un réseau physique de connexion télécom. Aujourd’hui tout le monde doit prendre conscience que - si cet effort d’investissement et de rénovation du réseau n’est pas poursuivi, le réseau connaîtra de sérieux embouteillages dès 2010“.


Mardi 13 Mai 2008
http://libertesinternets.wordpress http://libertesinternets.wordpresss

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lundi 5 novembre 2007

L'Arnaque du réchauffement climatique - Vidéos

Mondialisation.ca, Le 11 septembre 2007

Planète non-violence

Une analyse à contre courant faite avec la participation de plusieurs scientifiques sur le réchauffement climatique. Les enjeux, y compris financiers, de cette déferlante mediatico politique, le message apocalyptique passé en boucle, son côté totalitaire qui ne supporte aucune critique. Bref de quoi réfléchir sérieusement, se poser plein de questions et éviter de tomber dans l'hystérie collective. Dans le climat politique surchauffé par la "peste émotionnelle", n'oublions pas l'héritage du siècle des Lumières.

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L'Arnaque du Rechauffement Climatique (Vidéo avec sous-titrage français)

La partie 1 n'est plus accessible sur youtube car WAG TV Ltd a déposé plainte pour infraction aux droits d'auteur.
Merci à un lecteur de nous avoir transmis les url du documentaire sur Dailymotion en 4 parties. (Planète non violence)

Partie 1

Partie 2

Partie 3

Partie 4

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jeudi 11 octobre 2007

Planète: un chercheur russe promet un refroidissement climatique

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Un chercheur russe a prédit mercredi que la Terre connaîtrait un refroidissement climatique global dû à une baisse de la luminosité du Soleil à l'horizon 2055-2060.

"Les prémisses du refroidissement climatique à venir sur la Terre pourront d'abord être observées sur Mars", a promis Khabiboullo Abdoussamatov, chef du laboratoire des recherches spatiales à l'Observatoire astronomique de Poulkovo (Académie russe des sciences).

Selon le chercheur, l'intensité de la luminosité solaire atteindra son minimum en 2041, ce qui provoquera un profond refroidissement de la planète en 2055-2060. La baisse de luminosité du Soleil se ressentira avant tout sur Mars.

A l'instar de la Terre, la planète rouge a subi un réchauffement climatique global conditionné par l'accroissement significatif et durable de la luminosité solaire au cours du XXe siècle. "Sur Mars, il n'y a pas d'océans, d'où la faible inertie thermique de cette planète. Mars commencera à se refroidir beaucoup plus tôt que la Terre", a estimé M. Abdoussamatov.

D'après lui, le réchauffement climatique parallèle observé aujourd'hui sur la Terre, Mars et plusieurs autres planètes du système solaire montre que ce phénomène a des origines solaires naturelles.

"Les chercheurs de la NASA, après avoir observé les changements sur la surface de Mars entre 1999 et 2005, ont constaté une fonte des glaces au pôle Sud de la planète rouge sur une durée de trois années martiennes ainsi qu'un réchauffement parallèle du climat, et ce, sans que l'activité des Martiens ne crée d'effet de serre", a-t-il constaté, avec une pointe d'humour.

"Il n'existe aucune preuve scientifique attestant que la concentration croissante de gaz carbonique due aux activités humaines soit à l'origine du réchauffement de la planète et qu'elle puisse provoquer des changements climatiques catastrophiques sur la Terre", a résumé M. Abdoussamatov.


Jeudi 11 Octobre 2007

RIA-Novosti

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vendredi 5 octobre 2007

Comment la structure rituelle du Journal télévisé formate nos esprits

par Pierre Mellet

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Si le téléspectateur est de plus en plus attentif au traitement d’informations particulières par les journaux télévisés, il s’interroge rarement sur la structure même de cette émission. Or, pour Pierre Mellet, la forme est ici le fond : conçu comme un rite, le déroulement du journal télévisé est une pédagogie en soi, une propagande à part entière qui nous enseigne la soumission au monde que l’on nous montre et que l’on nous apprend, mais que l’on souhaite nous empêcher de comprendre et de penser.

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Le journal télévisé est le cœur de l’information contemporaine. Principale source d’information d’une grande partie des Français, il n’était pourtant, à ses débuts, en 1949 en France, que le sous-produit de ce que n’avaient pas voulu diffuser au cinéma la Gaumont et les Actualités Françaises. Défilé d’images sur lesquels était posé un commentaire, le « présentateur » ne s’est installé dans son fauteuil qu’en 1954, quand le journal a été fixé à 20h. Depuis lors, la mise en scène n’a fait qu’aller en s’accroissant, et l’information en a été écartée —si jamais elle était présente au départ— pour faire de ce théâtre non plus un journal, mais un spectacle ritualisé, une cérémonie liturgique. Le « 20h » n’a pas pour fonction d’informer, au sens de dégager une tentative de compréhension du monde, mais bien de divertir les téléspectateurs, tout en leur rappelant toujours ce qu’ils doivent savoir.

L’analyse qui suit se base sur les deux principaux journaux télévisés de 20h français, celui de TF1 et celui de France 2, mais peut, à bien des égards, trouver des correspondances avec les journaux télévisés d’autres pays, principalement en « Occident ».

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Le contexte

Fixé à 20h, le journal télévisé est devenu, comme la messe à son époque, le rendez-vous où se retrouve (chacun chez soi) toute la société. C’est un lieu de socialisation essentiel, paradoxalement. Chacun découvre chaque soir le monde dans lequel il vit, et peut dès lors en faire le récit autour de lui, en discuter les thèmes du moment avec l’assurance de leur importance, puisqu’ils ont été montré au « jt ». Tout est mis en place comme dans un rituel religieux : l’horaire fixe, la durée (une quarantaine de minutes), le présentateur-prêtre inamovible, ou presque, qui entre ainsi d’autant mieux dans le quotidien de chacun, le ton emprunté, sérieux, distant, presque objectif, mais jamais véritablement neutre, les images choisies, la hiérarchie de l’information. Comme dans tout rituel, le même revient en permanence, et s’agrège autour d’un semblant d’évolution quotidienne. Les mêmes heures annoncent les mêmes histoires, racontées par les mêmes reportages, lancées et commentées par les mêmes mots, mettant en scène les mêmes personnages, illustrées par les mêmes images. C’est une boucle sans fin et sans fond.

En ouverture, le générique lance une musique abstraite où s’entend le mélange du temps qui passe, la précipitation des événements, et une façon d’intemporel nécessaire à toute cérémonie mystique. Sur la musique, un globe précède l’apparition du présentateur, ou un travelling vers ce dernier le fait passer de l’ombre à la lumière. Tout se passe comme si le monde allait nous être révélé.

Le présentateur y tient rôle de passeur et d’authentifiant. Personnage principale et transcendantal, il se trouve au cœur du dispositif de crédibilité du 20h. C’est par lui que l’information arrive, par lui qu’elle est légitimée, rendue importante et donnée comme « vraie ». Par lui également que le téléspectateur peut être rassuré : si le monde va mal et semble totalement inintelligible, il y a encore quelqu’un qui « sait » et qui peut nous l’expliquer.

(Dans d’autre cas, c’est un duo qui présente le journal télévisé. La relation avec le téléspectateur est du coup beaucoup moins professorale et paternaliste, mais plus de l’ordre de la conversation, et peut sembler plus frivole. Bien évidemment, on ne trouvera jamais deux présentateur, ou deux présentatrices, mais toujours un duo hétérosexuel. C’est qu’il s’agit de ne pas choquer la représentation de la famille bourgeoise chrétienne. Ce type de mise en scène étant rare en France, nous ne développerons pas ce point plus avant).

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Crédibilité et information

« Madame, Monsieur, bonsoir, voici les titres de l’actualité de ce lundi 6 août », nous dit le présentateur au début de chaque journal. Il ne s’agit donc pas d’un sommaire, d’un tri de la rédaction dans l’information du jour, mais bien des « titres de l’actualité », c’est-à-dire précisément de ce qu’il faut savoir du monde du jour. Il n’y a rien à comprendre, le « journalisme » ne s’applique désormais plus qu’a nous apprendre le monde. Le présentateur ne donne pas de clé, il ne déchiffre rien, il dit ce qui est. Ce n’est pas une « vision » de l’actualité qui nous est présentée, mais bien l’Actualité.

Ce qui importe, dès lors, pour lui, c’est « d’avoir l’air ». Sa crédibilité n’est pas basé sur sa qualité de journaliste, mais sur son charisme, sur l’empathie qu’il sait créer, sa manière d’être rassurant, et sur son apparence d’homme honnête et intelligent. David Pujadas peut bien annoncer le retrait d’Alain Juppé de la vie politique, et Patrick Poivre d’Arvor montrer une fausse interview de Fidel Castro, ils sont tout de même maintenus à leur poste avec l’appui de leur direction, et n’en perdent pas pour autant leur statut de « journaliste » [1] et leur crédibilité auprès du public. Tout se passe comme si l’information délivrée n’avait finalement pas d’importance. Elle n’est là que pour justifier le rituel, comme la lecture des Évangiles à la messe, mais elle n’en est en aucun cas la raison centrale, le cœur, qui se trouve toujours ailleurs, dans le rappel constant des mots d’ordres moraux, politiques et économiques de l’époque. « Voici le Bien, voici le Mal », nous dit le présentateur.

La hiérarchie de l’information est donc inexistante. Alors que l’un des premiers travail effectués dans tout « journal » est de dégager les sujets qui semblent les plus essentiels pour tenter d’en ressortir un déroulé (propre à chaque rédaction) de l’information en ordre décroissant, de l’important vers l’insignifiant, ici, point. On passe de la dépouille du cardinal Lustiger à l’accident de la Fête des Loges, puis vient le dénouement dans l’affaire de l’enlèvement du petit Alexandre à la Réunion, suivit du suicide d’un agriculteur face aux menées des anti-OGM, à quoi font suite l’allocation de rentrée scolaire, les enfants qui ne partent pas en vacances, la hausse du prix de l’électricité, la spéléologue belge coincée dans une grotte, la campagne électorale états-unienne chez les démocrates, l’intervention de Reporters sans frontière pour dénoncer l’absence de liberté d’expression en Chine, la Chine comme destination touristique, le licenciement de Laure Manaudou, un accident lors d’une course aux États-Unis, le festival Fiesta de Sète, le décès du journaliste Henri Amouroux et enfin celui du baron Elie de Rothschild [2]. Il n’y a aucune cohérence, à aucun moment. Les sujets ne semblent choisis que pour leur insignifiance quasi-générale, ou leur semblant d’insignifiance. Tout y est mélangé, l’amour et la haine, les rires et les pleurs, l’empathie se mêle au pathos, les images spectaculaires ou risibles aux drames pathétiques, et l’omniprésence de la fatalité nous rappelle toujours la prédominance de la mort sur la vie.

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Le reportage

Une fois les « titres » annoncés, le présentateur en vient au lancement du reportage. Le reportage est la démonstration par l’exemple de ce que nous dit le présentateur. En effet, tout ce qui va être dit et montré dans le reportage se trouve déjà dans son lancement. Le présentateur résume toujours au lieu précisément de présenter. Cela crée de la redondance. Ce qui est dit une fois en guise d’introduction est systématiquement répété ensuite dans le reportage. Ce sont les mêmes informations qui sont énoncées, la première fois résumées, et la seconde fois étendues pour l’élaboration de l’histoire contée. Le reportage ajoute très peu de chose à ce qu’à déjà dit le présentateur, tout juste développe-t-il les détails anodins qui contrebalancent « l’objectivité » du présentateur en créant de la « proximité ». Aux éléments de départ, trouvé dans le lancement, s’ajoute ensuite à l’histoire les petits détails romanesques nécessaire à son instruction ludique.

Le reportage est constitué de deux choses : l’image et son commentaire. Or, si l’on coupe le son, l’image ne signifie plus rien. Alors même que tout devrait reposer sur elle, c’est l’inverse précisément qui se produit à la télévision : le commentaire raconte ce que l’image ne fait qu’illustrer. Cette dernière n’est là que comme faire-valoir. C’est une succession de paysages semblables, de visages et de gestes interchangeables, collés les uns à côté des autres, et sans lien entre eux. À la télévision, l’image ne sert qu’à justifier le commentaire, à l’authentifier. Elle lui permet d’apparaître comme « vrai ». Et elle le lui permet précisément parce que ne disant rien par elle-même, le commentaire peut alors la transformer en ce qu’il veut, et c’est là le principal danger de ce media. L’image possédant une force de conviction très importante, le consentement est d’autant plus simple à obtenir une fois que vous avez dépouillée l’image de tout son sens et l’avez transformée en preuve authentifiant votre discours. Tout repose donc désormais sur le commentaire, et sur la vraisemblance de l’histoire qui va nous être racontée.

« Dans le reportage, note l’anthropologue Stéphane Breton, le commentaire est soufflé depuis les coulisses, cet arrière-monde interdit au téléspectateur (…) et d’où jaillit, dans le mouvement d’une révélation, un sens imposé à l’image. La signification n’est pas à trouver dans la scène mais hors d’elle, prononcée par quelqu’un qui sait » [3]. Le journaliste n’apparaît que très rarement à la fin de son reportage. Nous entendons donc une voix sans énonciateur. C’est une parole divine qui s’impose à nous pour nous expliquer ce que nous ne pourrions comprendre en ne regardant que les images. Il n’y a pas d’interlocuteur, donc pas de contradiction. Le reportage est un fil qui se déroule suivant une logique propre, celle que le journaliste veut nous donner à apprendre, où les « témoins » ne se succèdent que pour accréditer la parole qui a de toute manière déjà dit ce qu’ils vont nous expliquer. Comme avec le lancement, la redondance est omniprésente dans le reportage. Tout « témoin » est présenté non pas selon sa fonction, ni dans le but de justifier sa place dans ce reportage à ce moment là, mais suivant ce qu’il va nous dire. Et la parole du « témoin » accrédite le commentaire en donnant un point de vue nécessairement « vrai ». « Puisqu’il le dit, c’est que c’est comme ça ». Et bien souvent, le « témoin » n’a strictement rien à dire, mais va le dire tout de même, le journaliste devant faire la preuve de son objectivité et de l’authenticité de son reportage, de son enquête, en démontrant qu’il s’est bien rendu sur place et qu’il peut donc nous donner à voir ce qui est.

Le reportage, au journal télévisé, n’est pas la réalisation d’une enquête qui explore différentes pistes, mais le récit d’un fait quelconque montré comme fondamental. C’est une vision du monde sans alternative, qui tente d’apparaître comme purement objective. Si le présentateur dit ce qui est, le reportage, lui, le montre. Et c’est précisément là que l’image pêche par son non-sens, et que le commentaire semble devenir parole divine. « Voici le monde », nous dit l’un, « et voilà la preuve », poursuit le reportage. Et comment contester la preuve alors qu’elle nous est présentée, là, sous nos yeux ébahis ? La réalité se construit sur l’anecdote, et non plus sur un ensemble de faits plus ou moins contradictoires qui permettent de regarder une situation dans une tentative de vision globale pour pouvoir ensuite en donner une analyse.

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Les mots d’ordre

Tout cela se rapporte à la logique de diffusion de la morale. Le journal télévisé, comme la quasi-totalité des médias, est un organe de diffusion des mots d’ordre de l’époque. Il ne discute jamais le système, il ne semble d’ailleurs même pas connaître son existence, mais diffuse à flux tendus les ordres que la classe dominante édicte. Le journal télévisé fait partie de ce « service public », dont parle Guy Debord dans les Commentaires sur la société du spectacle, « qui [gère] avec un impartial "professionnalisme" la nouvelle richesse de la communication de tous par mass media, communication enfin parvenue à la pureté unilatérale, où se fait paisiblement admirer la décision déjà prise. Ce qui est communiqué, ce sont des ordres ; et, fort harmonieusement, ceux qui les ont donnés sont également ceux qui diront ce qu’ils en pensent » [4] .

Le 20h, issu d’une société où la mémoire a été détruite, transmet les mots d’ordre, comme pour tout conditionnement, par la répétition permanente et quotidienne. Les histoires racontées semblent toutes différentes, quand bien même elles sont finalement toutes semblables. Tout y est répété, soir après soir, constamment, et à tous les niveaux. Seuls les noms et les visages changent, mais le film, lui, reste toujours identique. C’est un perpétuel présent qui est montré et qui permet d’occulter tous les mouvements du pouvoir. Les évolutions n’étant plus jamais mises en lumière, c’est bien qu’elles n’ont plus cours. Le journal télévisé diffuse donc la morale bourgeoise (chrétienne et capitaliste) en bloc compact. C’est un vomi long et lent qui s’écoule, dilué et disséminé tout au long du 20h. Ils connaissent plusieurs modes de diffusions :

- L’accusation. Elle est constante, et généralement dite par les « témoins », ce qui permet de faire croire au journaliste qu’il a donné à voir un « avis », et qu’il a donc rendu un regard objectif de la situation. Un incendie ravage une maison, et ce sont les pompiers qui auraient dû arriver plus tôt. Un violeur est sorti de prison parce qu’il avait droit à une remise de peine, et c’est la justice qui dysfonctionne. Un gouvernement refuse de se plier aux injonctions occidentales, et c’est une dictature, un pays sous-développé où la stupidité se mêle à la barbarie, et mieux encore, où la censure bâillonne tous les opposants, qui sont eux nécessairement d’accord avec le point de vue des occidentaux mais ne peuvent pas le dire. Il s’agit toujours de trouver quelqu’un à vouer aux gémonies pour rappeler ce qui est « bien » et ce qui est « mal », et où l’on retrouve toute la sémantique chrétienne du « pardon », de la « déchéance », etc.

- L’évidence. Particulièrement utilisée pour régler sans discussions les questions économiques, elle consiste à diffuser les dogmes ou les décisions gouvernementales sans jamais les remettre en question. C’est par exemple le cas de la « croissance », qui est toujours la voie nécessaire à la survie jamais remise en cause et dont le présentateur nous annonce les chiffres avec un air catastrophé : « la croissance ne sera que de 1,2 % cette année selon les experts »...

- L’hagiographie. Commme à la messe, le journal télévisé a ses saints à mettre en avant. C’est le portrait de quelqu’un qui a « réussi », soit qu’il vienne de mourir, soit qu’il ait « tout gagné », soit qu’il se soit « fait tout seul », etc. C’est le prisme de l’exception qui édicte le modèle à suivre en suscitant admiration et respect. « Voilà ce que vous n’êtes pas, que vous devriez être, mais ne pourrez jamais devenir, et que vous devez donc adorer », nous répète le journal télévisé en permanence.

- Le voisinage. Particulièrement efficace, il s’agit de dire que « la France est le dernier pays en Europe à aborder cette question ». C’est le mécanisme qui régit la sociabilité de base, l’appartenance au groupe par l’imitation, par la reproduction de ce qu’il semble faire ou être. Le présentateur nous dit alors « eux font comme cela, pourquoi faisons nous autrement ? », présupposant que notre manière de faire est nécessairement moins bonne. « Travailler après 65 ans, aux États-Unis ça n’est pas un problème ». Aucune analyse n’est jamais donnée des points positifs et négatifs du système voisin, seulement un regard « objectif », qui dit : « voilà comment ça se passe là, et pourquoi c’est mieux que chez nous ».

- Le folklore. Ici sont présentés, avec le sourire aux lèvres et l’indulgence pour l’artiste un peu fou mais qui ne fait finalement pas de mal, des gens qui vivent un peu autrement. C’est alors, et seulement dans ce genre de sujet, que le présentateur souligne le caractère « exceptionnel » des personnes qui vont nous être présentées, pour dissuader quiconque de suivre leur exemple.

Ce ne sont là que quelques exemples.

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Anecdote et fatalité

Deux modes de représentation du monde bercent principalement le journal télévisé, et sont les deux principaux mouvements de diffusion des mots d’ordre : l’anecdote et la fatalité.

L’anecdote se trouve au début de chaque sujet. Tout part du fait particulier, du fait divers du jour, et s’étend vers le problème plus vaste qu’il semble contenir en lui-même, ou que les journalistes font mine de croire qu’il contient. C’est une rhétorique particulière qui se retrouve aujourd’hui à la base de tous les discours politiques ou journalistiques, un renversement de la logique, du déroulement effectif de la démonstration et de l’analyse du monde : c’est l’exception qui explique désormais la règle, qui la construit. Tout part du fait particulier pour se prolonger, comme si ce dernier détenait en lui toutes les causes et toutes les conséquences qui ont fondé la situation plus générale qu’il est censé démontrer. Le 20h ne se préoccupe jamais de décrire des phénomènes endémiques, ou les sort toujours de la chaîne d’événements qui les a amené à la situation présente. C’est une nécessité dialectique logique pour qui veut transmettre les consignes sans se mettre en devoir de les expliquer, sans quoi il se trouve obligé d’apporter de la complication à sa démonstration et se rend compte que les choses sont moins simples qu’il ne voulait les faire paraître. Pour que les mots d’ordre soient diffusés efficacement, il ne faut pas donner la possibilité d’être contredit, donc il vaut mieux ne rien expliquer. De toute manière, nous l’avons dit, il ne s’agit jamais de donner à comprendre, mais toujours à apprendre.

La fatalité, elle, berce l’ensemble du journal télévisé. Les événements arrivent par un malheurs contingent, un hasard distrait qui touche malencontreusement toujours les mêmes (personnes, pays…). C’est une lamentation constante : « si les pompiers étaient arrivés plus tôt », « si le violeurs n’était pas sorti de prison », « si l’Afrique n’était pas un continent pauvre et corrompu », etc. Elle est la base de toute religion puisqu’elle permet de ne rien avoir jamais à justifier, et rappel le devoir de soumission face à la transcendance, puisque nous sommes toujours « dépassés ». La fatalité revient sonner en permanence comme une condamnation, et ajoute avec dépit (mais pas toujours) : « c’est comme ça ». Le système se régule tout seul et est « le meilleur des systèmes possibles », l’homme est un être « mauvais » et passe son temps à « chuter » et à « rechuter » malgré toutes les tentatives de lui « pardonner », le pauvre est responsable de sa situation parce qu’il est trop fainéant pour chercher des solutions et les mettre en application alors même qu’on les lui donne, etc. C’est un soupir constant, un appel permanent à l’impuissance et à la soumission face à la souffrance. Le monde va et nous n’y pouvons rien…

Une fois les mots d’ordre transmis, le messager divin peut nous donner congé, concluant le sermon du jour en n’omettant jamais de nous donner rendez-vous le lendemain à la même heure, puis disparaît, rangeant les papiers qui font foi de son sérieux, la caméra s’éloignant, l’ombre grandissant, et se fondant progressivement dans cette sorte de musique qui ouvrait déjà la cérémonie.

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Pierre Mellet

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Posté par NonExistent à 07:21:00 - Actualité Science & Religion - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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