dimanche 18 mai 2008
10 guerres, 10 médiamensonges
Chaque guerre est précédée d'un grand médiamensonge. Aujourd'hui, Bush menace le Venezuela et l'Equateur. Demain, l'Iran ? Et après, à qui le tour ?
Avec, dans le rôle de la marionnette, le président Uribe, narcotrafiquant et massacreur d'Indiens (quatre millions de déplacés). Lequel Uribe prétend avoir trouvé dans l'indestructible ordinateur de Raul Reyes (FARC) des preuves du soutien de Chavez au « terrorisme » et de militarisation de la région.
Contre le Venezuela et l'Equateur, Bush nous refait le coup des "armes de destruction massive". Petit inventaire de la désinformation.
10 guerres, 10 médiamensonges.
MICHEL COLLON
16 mai 2008
Chaque guerre est précédée d'un grand médiamensonge. Aujourd'hui, Bush menace le Venezuela et l'Equateur. Demain, l'Iran ? Et après, à qui le tour ?
Avec, dans le rôle de la marionnette, le président Uribe, narcotrafiquant et massacreur d'Indiens (quatre millions de déplacés). Lequel Uribe prétend avoir trouvé dans l'indestructible ordinateur de Raul Reyes (FARC) des preuves du soutien de Chavez au « terrorisme » et de militarisation de la région.
Des journaux comme Le Monde répercutent cette campagne de propagande pour la prochaine guerre de Bush. Rappelons simplement combien de fois les mêmes Etats-Unis et les mêmes médias nous ont déjà manipulés. Chaque grande guerre est « justifiée » par ce qui apparaîtra plus tard (trop tard) comme une désinformation. Inventaire rapide...
1. VIETNAM (1964-1975) :
MEDIAMENSONGE :
Les 2 et 3 août 1964, le Nord-Vietnam aurait attaqué deux navires US dans la baie du Tonkin.
CE QU'ON APPRENDRA PLUS TARD :
L'attaque n'a jamais eu lieu. C'est une invention de la Maison-Blanche.
VERITABLE OBJECTIF :
Empêcher l'indépendance du Vietnam et maintenir la domination US sur la région.
CONSEQUENCES :
Millions de victimes, malformations génétiques (Agent Orange), énormes problèmes sociaux.
2. GRENADE (1983) :
MEDIAMENSONGE :
La petite île des Caraïbes est accusée de construire une base militaire soviétique et de mettre en danger la vie de médecins US.
CE QU'ON APPRENDRA PLUS TARD :
Entièrement faux. Le président US Reagan a fabriqué ces prétextes de toutes pièces.
VERITABLE OBJECTIF :
Empêcher les réformes sociales et démocratiques du premier ministre Bishop (qui sera assassiné).
CONSEQUENCES :
Répression brutale et rétablissement de la mainmise de Washington.
3. PANAMA (1989) :
MEDIAMENSONGE :
L'invasion vise à arrêter le président Noriega pour trafic de drogue.
CE QU'ON APPRENDRA PLUS TARD :
Bien que créature de la CIA, Noriega réclamait la souveraineté à la fin du bail du canal. Intolérable pour les USA.
VERITABLE OBJECTIF :
Maintenir le contrôle US sur cette voie de communication stratégique.
CONSEQUENCES :
Les bombardements US ont tué 2.000 à 4.000 civils, ignorés des médias.
4. IRAK (1991) :
MEDIAMENSONGE :
Les Irakiens auraient volé les couveuses de la maternité de Koweït-City.
CE QU'ON APPRENDRA PLUS TARD :
Invention totale par une agence publicitaire payée par l'émir du Koweït, Hill & Knowlton.
VERITABLE OBJECTIF :
Empêcher que le Moyen-Orient résiste à Israël et acquière son indépendance envers les USA.
CONSEQUENCES :
D'innombrables victimes par la guerre, puis un long embargo y compris sur les médicaments.
5. SOMALIE (1993) :
MEDIAMENSONGE :
Monsieur Kouchner se « met en scène » comme héros d'une intervention humanitaire.
CE QU'ON APPRENDRA PLUS TARD :
Quatre sociétés US avaient acheté un quart du sous-sol somalien riche en pétrole.
VERITABLE OBJECTIF :
Contrôler une région militairement stratégique.
CONSEQUENCES :
Ne parvenant pas à la contrôler, les Etats-Unis maintiendront la région dans un chaos prolongé.
6. BOSNIE (1992 - 1995) :
MEDIAMENSONGE :
La firme US Ruder Finn et Bernard Kouchner mettent en scène de prétendus camps serbes d'extermination.
CE QU'ON APPRENDRA PLUS TARD :
Ruder Finn et Kouchner mentaient. C'étaient des camps de prisonniers en vue d'échanges. Le président musulman Izetbegovic l'a avoué.
VERITABLE OBJECTIF :
Briser la Yougoslavie trop à gauche, éliminer son système social, soumettre la zone aux multinationales, contrôler le Danube et les routes stratégiques des Balkans.
CONSEQUENCES :
Quatre années d'une guerre atroce pour toutes les nationalités (musulmans, serbes, croates). Provoquée par Berlin, prolongée par Washington.
7. YOUGOSLAVIE (1999) :
MEDIAMENSONGE :
Les Serbes commettent un génocide sur les Albanais du Kosovo.
CE QU'ON APPRENDRA PLUS TARD :
Invention pure et simple de l'Otan comme le reconnut Jamie Shea, son porte-parole officiel.
VERITABLE OBJECTIF :
Imposer la domination de l'Otan sur les Balkans, et sa transformation en gendarme du monde. Installer une base militaire US au Kosovo.
CONSEQUENCES :
Deux mille victimes des bombardements OTAN. Nettoyage ethnique du Kosovo par l'UCK, protégée de l'Otan.
8. AFGHANISTAN (2001) :
MEDIAMENSONGE :
Bush prétend venger le 11 septembre et capturer Ben Laden.
CE QU'ON APPRENDRA PLUS TARD :
Aucune preuve que ce réseau existe. De toute façon, les talibans avaient proposé d'extrader Ben Laden.
VERITABLE OBJECTIF :
Contrôler militairement le centre stratégique de l'Asie, construire un pipeline permettant de contrôler l'approvisionnement énergétique de l'Asie du Sud.
CONSEQUENCES :
Occupation de très longue durée, et forte hausse de la production et du trafic d'opium.
9. IRAK (2003) :
MEDIAMENSONGE :
Saddam posséderait de dangereuses armes de destruction, affirme Colin Powell à l'ONU, éprouvette en main.
CE QU'ON APPRENDRA PLUS TARD :
La Maison-Blanche a ordonné à ses services de falsifier des rapports (affaire Libby) ou d'en fabriquer.
VERITABLE OBJECTIF :
Contrôler tout le pétrole et pouvoir faire chanter ses rivaux : Europe, Japon, Chine...
CONSEQUENCES :
L'Irak plongé dans la barbarie, les femmes ramenées à la soumission et l'obscurantisme.
10 VENEZUELA - EQUATEUR - (2008 ?) :
MEDIAMENSONGE :
Chavez soutiendrait le terrorisme, importerait des armes, serait un dictateur (le prétexte définitif ne semble pas encore choisi).
CE QU'ON SAIT DEJA:
Plusieurs médiamensonges précédents se sont déjà dégonflés : Chavez tirant sur son peuple, Chavez antisémite, Chavez militariste... Mais la diabolisation continue.
VERITABLE OBJECTIF :
Les multinationales US veulent garder le contrôle du pétrole et des autres richesses de toute l'Amérique latine, ils craignent la libération sociale et démocratique du continent.
CONSEQUENCES :
Washington mène une guerre globale contre le continent : coups d'Etat, sabotages économiques, chantages, développement de bases militaires près des richesses naturelles..
CONCLUSION:
Chaque guerre est précédée et 'justifiée' par un grand médiamensonge. Et notre inventaire est loin d'être complet ! Empêcher les guerres, c'est d'abord démasquer ces médiamensonges le plus tôt possible et le plus largement possible. Merci de diffuser ce texte, de le traduire si possible (la version espagnole arrive bientôt), et de nous communiquer ces traductions. Dans la guerre de l'info, la véritable force, c'est vous !
MICHEL COLLON
Samedi 17 Mai 2008
http://www.michelcollon.info
jeudi 15 mai 2008
Guerre d'Irak, la grande imposture
George W. Bush est un tantinet mécontent et déçu! Cinq après la désastreuse entreprise de l'occupation de l'Irak, avec ses plus de 800.000 morts civils et des dégâts qui pèseront des décennies entières sur la vie des générations futures de cette terre infestée de violences, le Président américain regrette "l'inexactitude"- délicat euphémisme- des rapports de ses services de renseignements, ceux là même, qui, rappelons-le, ont déclenché la catastrophe de 2003. Sauf que, pour l'heure, ce n'est, ni de faux regrets, ni de larmes de crocodile dont les Irakiens ont besoin : les Irakiens ont, surtout, besoin que l'Amérique cesse de leur mentir et qu'elle avoue avec franchise être débarquée en Mésopotamie, non pas pour y apporter la prospérité, la liberté, choses, désormais, aussi introuvables que les prétendus ADM de Saddam, mais bien pour garantir une hégémonie géopolitique quasi-centenaire, via le contrôle de la principale artère énergétique de la planète qu'est le Moyen-Orient. Les Irakiens veulent que le Président en instance de départ ne se fourvoie plus aux yeux du reste du monde et qu'il est le courage d'accepter, comme tout "bon perdant", que son idée n'était pas judicieuse, que sa stratégie était mauvaise et que sa mise en œuvre, plus que catastrophique. Mais M. Bush n'en est visiblement pas encore à mesurer l'étendue de son propre échec. Il croit qu'il peut toujours retourner la situation parce qu'il est le plus fort et qu'il ne saurait capituler. Alors une simple question se pose : Combien, dans ces conditions, faudra-t-il encore de victimes irakiennes et américaines ? Le Président ne manque certainement pas d'arguments pour expliquer à ses compatriotes que la première puissance militaire au monde doit au moins disposer des moyens de préparer un départ honorable. Mais le sait-il seulement qu'il y a plus de 30 ans, l'un de ses prédécesseurs, englués, alors, dans les marécages vietnamiens, usait, avec la même obstination, du même faux raisonnement ? Et la suite, tout le monde la connaît : le 30 avril 1975, le dernier représentant américain quittait à bord d'un hélicoptère, la bannière étoilée sous le bras, le toit de son ambassade à Hanoi, pour rejoindre les bâtiments de guerre qui mouillaient au large du Cap Saint-Jacques. Ce souvenir mérite que le Président Bush réfléchisse sérieusement à l'option du retrait des troupes d'Irak, car l'histoire a ceci de terrible qu'elle est un éternel recommencement.
Jeudi 15 Mai 2008
http://french.irib.ir
mercredi 14 mai 2008
Plus de 700 tests nucléaires en 50 ans dans le monde (défense)
Le Service de contrôle spécial (SCS) du ministère russe de la Défense a enregistré depuis sa création le 13 mai 1958 jusqu'à 730 tests menés sur des sites américains, chinois, français, indiens et pakistanais, a annoncé mardi le chef de la 13e Direction du ministère, le général Vladimir Verkhovtsev.
"En tant que membre du Traité sur l'interdiction universelle des tests nucléaires, la Russie a accès à l'information recueillie par les quelque 320 postes de contrôle international, notre Service enregistre des explosions nucléaires de plus de 1 KT de puissance dans le monde entier", a indiqué le militaire dans un entretien accordé au quotidien Etoile Rouge (journal du ministère russe de la Défense) à l'occasion du 50e anniversaire du SCS.
L'objectif numéro un du SCS consiste à contrôler en continu les essais nucléaires dans le monde et, dans le même temps, à surveiller le respect de ces traités, a rappelé le général.
Les laboratoires du SCS sont situés sur l'ensemble du territoire russe, surtout dans le Grand Nord et en Extrême-Orient. "L'essentiel consiste à garantir leur sensibilité maximale à l'enregistrement des signaux d'explosions nucléaires", a rappelé le représentant du ministère de la Défense.
Selon lui, la dislocation de l'URSS en 1991 a porté un coup dur au SCS, certains laboratoires s'étant retrouvés du jour au lendemain à l'étranger, notamment en Ukraine, au Kazakhstan et Kirghizstan.
Nos chercheurs ont dû alors trouver de "nouvelles méthodes pour relever l'efficacité du contrôle et celles-ci fonctionnent avec succès", a poursuivi le général Verkhovtsev.
Le rééquipement technique de ces laboratoires est un des moyens d'améliorer l'efficacité des laboratoires du SCS, a poursuivi le général. Le passage à l'enregistrement numérique à large bande et l'abandon de l'enregistrement analogique permet de réduire la marge d'erreur en analysant les informations et le temps de traitement, a encore annoncé le représentant du ministère de la Défense.
Mardi 13 Mai 2008
http://fr.rian.ru
Choc des civilisations et manipulations historiques. Troubles dans la médiévistique
- Un simple scandale universitaire ?
La récente publication du livre de Sylvain Gouguenheim, Aristote au Mont Saint-Michel, Les racines grecques de l’Europe chrétienne au Seuil (Paris, 2008), créé une vive polémique au sein de la communauté intellectuelle et universitaire française. Le livre, paru il y a un mois et tiré à 4000 exemplaires est déjà épuisé et en réimpression. Plusieurs articles, pétitions et compte-rendus ont porté ce débat dans la sphère publique et médiatique au delà du microcosme des études médiévales, agitant même certains obscurs endroits de la blogosphère.
Mais pourquoi cette affaire ? Pierre Assouline commente avec ironie ce petit scandale du monde universitaire alors qu’un des historiens officiels du gouvernement, Max Gallo, s’indigne sur France Culture de l’accueil fait au livre, dénonçant l’absence de véritable débat intellectuel. L’éditrice du livre, Laurence Devillairs parle d’une « Inquisition » contre ce livre et d’« anathème » lancé par les universitaires contre l’un des leurs...
Sylvain Gouguenheim est enseignant à l’École Normale Supérieure de Lyon et professeur des universités, habilité à diriger des recherches. Il est notamment connu dans le monde scientifique pour ses travaux sur les mystiques rhénans (La sybille du Rhin. Hildegarde de Bingen, abbesse et prophétesse rhénane, Paris, 1996). Après s’être intéressé aux Fausses terreurs de l’an mil (Paris, 1999), l’auteur s’attaque ici à ce qu’il considère comme autre mythe de l’histoire médiévale : la transmission d’une partie de la science antique et des savoirs aristotéliciens par les arabes au Moyen Age. Abordant un des sujets les plus travaillés et les plus complexes de l’histoire culturelle et intellectuelle de l’Occident, l’auteur s’éloigne clairement de ses spécialisations académiques pour jeter un pavé dans la marre.
- Les Arabes n’auraient pas pu transmettre la pensée et la culture grecque !
L’auteur cherche à démontrer que la civilisation musulmane n’a connu qu’une « hellénisation superficielle » : « Jamais les Arabes musulmans n’apprirent le grec, même al-Farabi, Avicenne ou ¬Averroès l’ignoraient ». Ainsi la majeure partie de cet héritage antique aurait été préservée par les chrétiens orientaux, les Syriaques, entre le IVe et le VIIe siècles. Du fait d’une incompatibilité linguistique entre l’arabe et le grec, les Arabes n’auraient qu’une part infime dans la transmission de la culture antique vers l’Occident chrétien.
Pour étayer sa thèse et abattre ce qu’il considère comme un lieu commun historiographique, Sylvain Gouguenheim place au centre de son argumentation l’oeuvre de Jacques de Venise, clerc italien ayant vécu à Constantinople, le premier traducteur européen d’Aristote au XIIe siècle. Cette insistance sur le rôle de ce clerc vient de la découverte récente d’un manuscrit de l’abbaye du Mont saint Michel. Ce manuscrit devient alors la preuve suprême que la philosophie aristotélicienne a été transmise directement de la Grèce antique à l’Occident latin.
Ainsi d’une analyse précise d’un point d’érudition, l’auteur élargit la portée de son propos, le plaçant son l’angle d’une problématique inspirée par le comparatisme entre des civilisations. L’Islam et la Grèce antique seraient des civilisations profondément étrangères l’une à l’autre pour des raisons d’ordre culturelles : les impératifs religieux musulmans auraient empêchés la pénétration réelle de la culture antique. Ce processus d’opposition structurant l’histoire aboutirait à des identités fondées sur « l’altérité conflictuelle entre chrétiens et musulmans ».
Ce comparatisme est appuyé sur une argumentation ethno-linguistique qui débouche sur un racisme culturel : « dans une langue sémitique, le sens jaillit de l’intérieur des mots, de leurs assonances et de leurs résonances, alors que dans une langue indo-européenne, il viendra d’abord de l’agencement de la phrase, de sa structure grammaticale. […] Par sa structure, la langue arabe se prête en effet magnifiquement à la poésie […] Les différences entre les deux systèmes linguistiques sont telles qu’elles défient presque toute traduction ». Ainsi les caractéristiques linguistiques de l’arabe rendraient la civilisation musulmane inapte à recevoir la culture antique.
- Des réactions contrastées et virulentes
Lorsque Roger Pol Droit chronique ce livre pour Le Monde des Livres (03/04/2008), il ne remet pas du tout en cause les analyses du livre et conclut par un « somme toute, contrairement à ce qu’on répète crescendo depuis les années 1960, la culture européenne, dans son histoire et son développement, ne devrait pas grand-chose à l’islam. En tout cas rien d’essentiel. Précis, argumenté, ce livre qui remet l’histoire à l’heure est aussi fort courageux ». Le compte-rendu favorable, voire enthousiaste, de Stéphane Boiron dans Le Figaro (17/04/08) explicite même les sous-entendus idéologiques en plaçant ce livre dans lignée des positions du pape Benoit XVI qui insiste sur la centralité du leg romain comme fondement de l’Occident.
Face à cet accueil favorable de la part des chroniqueurs de grands quotidiens nationaux, les réactions des intellectuels sont immédiates, ce qui est assez rare pour être souligné, tant la communauté universitaire est peu encline à étaler ses dissensions publiquement et ce particulièrement chez des médiévistes qui se tiennent trop souvent en retrait par rapport aux questions d’actualité. Une pétition des élèves et des enseignants de l’École Normale Supérieure est publiée dans Télérama. Les historiens Gabriel Martinez-Gros et Julien Loiseau écrivent une tribune dans Le Monde intitulée « La vraie terreur de l’historien » et une quarantaine d’historien(-ne)s et philosophes des sciences, emmené(e)s par Hélène Bellosta (CNRS), ont publié un texte : « Prendre de vieilles lunes pour des étoiles nouvelles, ou comment refaire aujourd’hui l’histoire des savoirs ». Un collectif international de 56 chercheurs en histoire et philosophie du Moyen Age a publié dans Libération du 30 avril 2008 un article « Oui l’Occident chrétien est redevable au monde islamique ».
L’historien de la philosophie, Alain de Libéra, éminemment respectable et respecté, spécialiste mondialement reconnu de ces problématiques, est même sorti de sa réserve habituelle pour écrire une lettre mordante publiée par Telérama : « Landernau terre d’Islam ». Pour lui, « L’hypothèse du Mont-saint-Michel, chaînon manquant dans l’histoire du passage de la philosophie aristotélicienne du monde grec au monde latin hâtivement célébrée par l’islamophobie ordinaire, a autant d’importance que la réévaluation du rôle de l’authentique Mère Poulard dans l’histoire de l’omelette ». Il conclut alors : « Cette Europe-là n’est pas la mienne. Je la laisse au ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale et aux caves du Vatican. »
- Des critiques érudites et méthodologiques solides et pertinentes
Les critiques des historiens se placent sur plusieurs niveaux. On lui reproche des erreurs dans le détail de son argumentation. Il se trompe sur la qualification de l’oeuvre de Jean de Salisbury, dans son analyse des traductions syriaques, et dans ses affirmations sur la transmission de Logica nova d’Aristote. Ces critiques d’érudition ne sont pas des coquetteries universitaires mais visent à montrer le peu de sérieux d’un ouvrage qui affiche beaucoup de prétentions mais se contente trop souvent d’analyses de seconde voire de troisième main. A ce niveau on relève même des oublis dans la bibliographie, certains ouvrages centraux étant peu utilisés au profit d’autres beaucoup plus discutables ainsi qu’un certain nombre de contradictions internes à sa démonstration.
Un reproche, plus fort et plus grave pour l’historien, est la partialité du tableau qu’il dresse de la pensée occidentale, laissant de côté les multiples conflits et les traditions différentes, oubliant que l’université de Paris a pendant plusieurs dizaines d’années interdits les oeuvres d’Aristote. Reprocher aux savant arabes leur ignorance du grec n’est valable que si l’on souligne que les penseurs de la scolastique, comme Thomas d’Aquin ne le connaissait pas mieux. Il y a un traitement inégalitaire des sources et des données selon que l’auteur parle de l’Orient, objet d’une forte attention critique ou de l’Occident, dont les auteurs sont crus sans autre précaution. Enfin ce livre qui prétend remettre en cause notre vision de la transmission du savoir antique se borne au XIIe siècle, refusant de s’interesser au XIIIe et au XIVe siècles pourtant cruciaux et décisifs sur cette question.
- La défense de l’hellénisation et de la spécificité catholique européenne
Cette thèse n’est pas nouvelle, contrairement à ce que prétend son auteur, et elle fut, au contraire, très en vogue au XIXe siècle et au début du XXe siècle. D’autre part, sans originalité, son livre reprend le titre d’un article italien de Coloman Viola paru en 1967. Un autre historien, Jacques Heers, avait, il y a quelques années, fait une charge contre cette vision d’une transmission par les Arabes des penseurs de l’Antiquité dans un article de la Nouvelle revue d’histoire (N°1, juillet-août 2002, pp.51-52) : « Les « Arabes » ont certainement moins recherché et étudié les auteurs grecs et romains que les chrétiens. [...] Rendre les Occidentaux tributaires des leçons servies par les Arabes est trop de parti pris et d’ignorance : rien d’autre qu’une fable, reflet d’un curieux penchant à se dénigrer soi-même ». Rémi Brague, spécialiste de la philosophie antique et médiévale avait également remis en cause ce paradigme lors d’un débat télévisé où il avait repris vertement le philosophe, et ancien ministre, Luc Ferry sur cette question, en novembre 2006.
On voit donc que cette question historique complexe est devenue un objet de débat public où l’histoire est instrumentalisée pour servir la défense d’un Occident chrétien prétendument menacé. L’Occident actuel se pose beaucoup de questions sur l’Islam qu’il connaît très mal et si le livre de Sylvain Gouguenheim est au coeur du débat c’est qu’il participe d’une vaste entreprise idéologique visant à faire croire à un antagonisme irréductible entre des civilisations définies par des religions. Craignant une « deshellinisation », le pape Benoit XVI s’active pour défendre l’identité culturelle de l’Occident chrétien. Ainsi on trouve dans ce livre un écho de la vive polémique, qui a pris une ampleur médiatique et diplomatique exceptionnelle, suscitée par les propos du pape lors de la conférence tenue à l’université de Ratisbonne, le 12 septembre 2006. Le pape, au sujet des rapports entre la foi et la raison, a eu des propos équivoques sur les lien structuraux entre Islam et violence.
Il faut noter que dans ce mouvement, et en même temps que ce livre paraît un article sur « Le Vatican et l’Islam » par Alain Besançon dans la revue Commentaire (n°120 de l’hiver 2007-2008, pp.901-926) qui critique la position ecclésiastique définit par Vatican II sur les rapports du Catholicisme avec les autres religions. Ce concile de modernisation de l’Église avait placé l’Islam au même niveau que le Judaïsme dans une filiation directe avec le Christianisme. Or pour Alain Besançon, cette affirmation d’une possible relation symétrique entre religions est une incompréhension de l’Islam et du Catholicisme. Il conclut en avançant que l’Église doit enfin regarder en face l’Islam pour en dénoncer les réalités concrètes comme elle a pu le faire pour le nazisme et le communisme !
-Le choc des civilisations : un monde sans histoire
Ces mois derniers, plusieurs ouvrages ont repris le concept développé par Samuel Hutington de le Choc des civilisations (trad. Paris, 2007) développant les thèses d’Oswald Spengler (1880-1936) d’un « ère de la guerre d’anéantissement » et du destin cyclique des « grandes cultures ».
De nombreux essayistes et même des historiens cherchent dans cette grille de lecture pratique l’architecture d’une vision synthétique et frappante de l’Histoire utilisable à des fins idéologiques et politiques. Cependant ce comparatisme entre des civilisations aboutit à un constat an-historique mettant en avant des blocs homogènes et invariants, ignorant la complexité des faits humains.
Ainsi le livre de Jean-Paul Roux, ancien directeur de recherche au C.N.R.S. et enseignant à l’École du Louvre, Un choc de religions. La longue guerre de l’islam et de la chrétienté, 622-2007 (Fayard, 2007) construit la linéarité d’une opposition irréductible de Charles Martel à Oussama Ben Laden. L’historien, Thierry Camous dans Orients/Occidents, 25 siècles de guerre (Paris, 2007) dresse une typologie des formes d’affrontement entre Orient et Occident mettant en avant les facteurs culturels, et l’opposition entre civilisations comme moteur des conflit.
Ces dérives d’interprétation de l’histoire ont été dénoncées par l’historien, spécialiste de la colonisation, Claude Liauzu dans son Empire du mal contre Grand Satan. Treize siècles de cultures de guerre entre l’islam et l’Occident (Paris, 2005). La théorie du choc des civilisations ne trouve des justification dans l’historie qu’au pris de simplifications, de distorsions et d’oublis qui renoncent à expliquer les faits et à les comprendre au profit d’un sens idéologique plaqué a priori. Chaque conflit est lié à des contextes politiques, sociaux-économiques, culturels, irréductibles à une opposition schématique récurrente durant deux millénaires : c’est une démarche qui est le contraire même de celle de l’historien.
-Des fréquentations politiques de certains historiens français
Le livre de Sylvain Gouguenheim est fortement marqué intellectuellement et idéologiquement du côté d’une pensée catholique « néo-conservatrice ». Ce positionnement se manifeste notamment par la forte influence que semble avoir exercée le journaliste René Marchand, auteur de La France en danger d’Islam, entre jihâd et reconquista, édité à l’Âge d’Homme (2002) et de Mahomet. Contre-enquête : un despote contemporain, une biographie officielle truquée, quatorze siècles de désinformation aux éditions de l’Échiquier (2006). Relecteur attentif, remercié par l’auteur, René Marchand est un des auteurs de référence de l’extrême droite française dans son combat anti-Islam qui intervient sans cesse dans le champs historique notamment en collaborant à la Nouvelle Revue d’Histoire.
Cette revue, qui rejette une vision « partiale » de l’histoire, accueille d’éminents historiens académiques tels que Karl Ferdinand Werner, Jean Pierre Poussou, Jean Tulard, Jean Favier, Michel Zink et beaucoup d’autres (1). Rémi Brague y collabore aussi, lui qui est cité par l’auteur à des endroits stratégiques de sa démonstration (2). Cet historien est l’auteur d’un livre Europe, la voie romaine, édité chez Criterion (Paris, 1992) où il insiste sur l’héritage romain dans l’identité européenne. Il a par ailleurs soutenu Louis Chagnon accusé de racisme anti-musulman par le MRAP et la Ligue des droits de l’homme.
Cette revue a été fondée par Dominique Venner, ancien de l’O.A.S., fondateur avec Alain de Benoist du GRECE (Groupe de recherche et d’études pour la civilisation européenne), laboratoire de la pensée de La Nouvelle Droite. Ce journaliste, spécialiste des armes à feu, a rédigé plusieurs ouvrages à caractère historique comme Histoire et tradition des Européens : 30 000 ans d’identité (Paris, 2002) où il tente de définir la tradition culturelle européenne. On retrouve ici l’enjeu central du livre de Gouguenheim, la construction d’un bloc occidental, justifié historiquement et culturellement, cohérent et structuré par le christianisme. Cette revue apparaît désormais non seulement comme une simple lubie de vieux professeurs d’université mais comme un véritable lieu de construction d’une contre-histoire de l’Occident.
Sylvain Gouguenheim place lui-même le débat sur un angle idéologique et non scientifique. Il construit de toute pièce une tradition historique pour mieux la démonter et ainsi donner l’impression de faire une vraie découverte. Cette logique, qui a prévalu dans la construction de ce qu’on a appelé la « pensée 68 » qui n’existe que pour ceux qui ont voulu la combattre. Par son livre, l’auteur s’inscrit dans deux traditions de la droite radicale : celle du catholicisme « néo-conservateur » et celle des mouvances politiques et idéologiques anti-Islam.
- Ceci n’est pas une thèse scientifique...
Le débat suscité autour du livre de Sylvain Gougueheim n’est pas un débat scientifique. C’est un livre qui ne répond pas au critère de la production scientifique comme l’a montré la réponse unanime de la communauté intellectuelle compétente. Par contre il a reçu un bon accueil dans les médias, ce qui est étonnant pour un livre d’histoire médiévale. Un micro-scandale est apparu dans la blogosphère où l’on dénonce le complot des universitaires contre le seul persécuté qui dirait la vérité.... Mais nous ne sommes pas dans le Da Vinci Code et la seule remarque qui vaille sur ce livre est qu’il est mauvais. Par contre cet événement pose à la communauté scientifique et aux médias la question des modes de diffusion et de vulgarisation des savoirs. Un ouvrage qui transgresse les normes scientifiques ne devrait pas être publié par un éditeur de référence ni par des journaux prétendant à cette même qualité de référence. Il y a là un échec des dispositifs de régulation et de transmission de l’évaluation du savoir.
Les multiples réactions face à ce livre montrent bien que le but de cet ouvrage n’est pas d’emporter la conviction mais de susciter la réaction, de faire naître un débat là où il n’y a pourtant aucune nécessité intellectuelle. Il s’agit de créer des camps, des fractures, de forcer à de nouvelles oppositions sur des questions culturelles et intellectuelles. Des livres comme celui-ci laissent traîner des idées, créent de vaines polémiques pour faire exister des discours dans l’espace public où même invalidés ils gardent une efficience.
Blaise Dufal (EHESS)
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Ce qui est devenu « l’affaire Gougenheim » a d’autant plus de résonance dans l’espace public que la question figure explicitement dans les programmes d’histoire de seconde générale et technologique (BO hors série n°6 du 29 août 2002).
L’intitulé du programme :
III - La Méditerranée au XIIème siècle : carrefour de trois civilisations
Les espaces de l’Occident chrétien, de l’Empire byzantin et du monde musulman
Différents contacts entre ces trois civilisations : guerres, échanges commerciaux, influences culturelles.
Un bref commentaire d’accompagnement :
III - La Méditerranée au XIIème siècle : carrefour de trois civilisations
Il convient de présenter rapidement le cadre géographique à partir de cartes, et d’expliciter les limites chronologiques du sujet (1095-1204). S’il faut éviter de dresser un tableau exhaustif conduisant à l’étude détaillée des trois civilisations du bassin méditerranéen, il est souhaitable d’en souligner les fondements religieux (catholicisme romain, islam, orthodoxie) et politiques.
Le cœur de la question est bien l’idée de carrefour de civilisations. À l’aide d’un petit nombre d’exemples et de documents librement choisis, il s’agit de mettre en valeur la diversité des contacts que développent ces différentes civilisations : affrontements guerriers (croisades, Reconquista...), échanges commerciaux (comptoirs), influences culturelles (syncrétisme).
Entrées possibles : un carrefour exemplaire : la Sicile, un espace de contacts : l’Andalousie...
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Notes :
(1) Gwendal Châton, « L’histoire au prisme d’une mémoire des droites extrêmes : Enquête sur l’Histoire et La Nouvelle Revue d’Histoire, deux revues de Dominique Venner », dans Michel J. (dir.), Mémoires et Histoires. Des identités personnelles aux politiques de reconnaissance, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, coll. « Essais », 2005, p. 213-243.
(2) « La curiosité envers l’autre est une attitude typiquement européenne, rare hors d’Europe, et exceptionnelle en Islam » p. 167.
Mercredi 14 Mai 2008
http://cvuh.free.fr/spip.php?article180
samedi 10 mai 2008
Palestine 1948 - 2008
Le 29 novembre 1947, l'Assemblée générale de l'ONU adapte le plan de partage de la Palestine historique qui était sous le mandat britannique depuis le démantèlement de l'Empire ottoman en 1925. Le vote fut très serré : 33 voix en faveur, 13 contre et 10 abstentions, c'est-à-dire une voix de plus que la majorité des 2/3 nécessaires pour sa mise en vigueur.
André Le Corre
Ce plan qui prévoyait la constitution d’un État juif et d’un État palestinien était à la fois mal conçu et très injuste puisqu’il donnait aux Juifs, qui représentaient en 1947 un tiers de la population du pays, 55% du territoire, dont une grande partie des terres les plus fertiles. Accepté par les Juifs sionistes, ce plan fut bien entendu rejeté par les Palestiniens et l’ensemble des pays arabes.
Nettoyage ethnique
Dès le départ des Britanniques, le 15 mai 1948, le Conseil national juif, avec à sa tête Ben Gourion, proclamait unilatéralement l’indépendance de l’État d’Israël. C’est la première face d’un anniversaire qui sera célébré cette année par tous les Juifs sionistes
dans le monde entier.
La deuxième face de cet anniversaire est beaucoup plus tragique. C’est tout ce que le million de Palestiniens, habitant ce territoire en 1948, allait subir du fait de ce partage, un véritable nettoyage ethnique accompagné de massacres et d’une déportation massive. C’est la grande catastrophe, la Nakba en arabe, que tous les Palestiniens commémoreront
aussi le 15 mai de cette année.
Pour bien comprendre l’étendue de ce désastre, il nous faut revenir quelque peu en arrière dans le temps. Dès 1920, les premiers colons juifs créent une milice armée, la Haganah, dont le rôle était de protéger les implantations juives qui devenaient de plus en plus nombreuses.
Des organisations terroristes
En 1931, les sionistes révisionnistes (la droite) avec Vladimir Jabotinsky, fondent l’Irgoun à laquelle devait se joindre par la suite le groupe Stern, qui à la mort de ce dernier, s’appellera Lehi. Ces deux dernières organisations auront dès le début un caractère que l’on appellerait aujourd’hui « terroriste ».
L’existence de ces milices, qui en 1948 devaient fusionner pour former Isahal, explique que, dès avant la naissance de l’État d’Israël, c'est-à-dire dès décembre 1947, des attaques aient pu avoir lieu contre les villages arabes, opérations qui allaient s’intensifier à partir de mars1948.
Le 10 mars 1948, onze dirigeants juifs mettent au point un plan (dit plan Dalet) qui vise à remédier à la dispersion des colonies juives, au moment du plan de partage, par l’élimination pure et simple des villages arabes et l’expulsion de leurs populations.
Ce plan sera appliqué avec une incroyable férocité. Plusieurs massacres eurent lieu dont le plus connu à Deir Yassin (9 avril 1948) au cours duquel 254 arabes, hommes, femmes et enfants ont été exécutés. Au moins quatre autres massacres ont été recensés.
La terreur provoquée par ces tueries parmi la population palestinienne a été telle qu’au terme de la réalisation de ce plan - qui s’est avéré un véritable nettoyage ethnique - 531 villages avaient été détruits et près de 800 000 Palestiniens s’étaient enfuis ou avaient été expulsés par la force.
Le supposé « appel du Caire »
Il faut reléguer au rang de la propagande sioniste le supposé « appel du Caire », selon lequel les Palestiniens auraient été invités à quitter leur pays avant l’invasion des armées arabes qui eut lieu également, le 15 mai 1948.
Tous ceux que l’on appelle que maintenant « les nouveaux historiens Juifs », dont font partie Norman Finkestein et Ilan Pappe, ont clairement démontré la fausseté de cet fable, cet appel n’ayant tout
simplement jamais eu lieu.
Bien au contraire, les pays arabes auraient demandé aux Palestiniens de ne pas quitter leurs villages. Après cet exode, il ne restera plus que 170 000 Arabes dans le nouvel État d’Israël. C’est donc ce qu’a été la Nakba proprement dite.
Mais il faut ajouter à cela les conséquences de la guerre de 1948 entre Israël d’un côté et la Syrie, la Transjordanie, l’Irak et l’Égypte de l’autre. Cette guerre a été déclenchée dès le 15 mai 1948 par les pays arabes qui refusaient d’accepter le partage de la Palestine.
Les opérations militaires s’étendront de mai 1948 jusqu’au début de l’année 1949 entrecoupé de plusieurs armistices. Le résultat final en sera qu’Israël occupera 80% de l’ancienne Palestine au lieu des 55 % proposés par l’ONU, la Transjordanie (avec le roi Abdallah) occupera la Cisjordanie et l’Égypte la bande de Gaza.
Ainsi, il ne restera plus rien de la Palestine historique pour former l’État palestinien projeté par l’ONU et, après la guerre des Six Jours en 1967, la Cisjordanie et Gaza seront occupées à leur tour par les Israéliens.
4 millions de réfugiés
Aujourd’hui, près de 4 millions de réfugiés palestiniens vivent encore dans 59 camps en Cisjordanie, à Gaza et dans les pays arabes environnants. Tous ont gardé, au fond de leurs cœurs, l’espoir d’un retour dans leur village d’origine, conservant précieusement les papiers, les souvenirs qui seuls leur restent et même la clef de leur ancienne maison.
Maintenant, c’est une autre « Nakba » qui menace le million et demi de Palestiniens qui résident dans la de bande de Gaza. Du blocus israélien et des attaques quotidiennes de son armée résulte un véritable désastre humanitaire sous le regard indifférent d’un Occident anesthésié par la supposée « guerre au terrorisme » et la sujétion aux État-Unis.
L’ONU pourra-t-il un jour réparer sa terrible erreur de 1948 et faire en sorte que les Palestiniens puissent un jour, comme tous les peuples du monde, vivre en paix dans le pays de leurs ancêtres?
Vendredi 09 Mai 2008
http://lautjournal.info/default.aspx?page=3&NewsId=834
vendredi 9 mai 2008
Ce terrorisme qui a engendré Israël
« Nous avons commis des exactions dignes des nazis » Aharon Zisling, premier ministre israélien de l’Agriculture « Aucun doute n’est possible : de nombreuses atrocités de nature sexuelle ont été perpétrées par les agresseurs juifs.
Beaucoup de jeunes filles arabes ont été violées, puis égorgées.
Des femmes âgée ont été, par ailleurs, molestées. »
Le Général Richard Catling, vice-inspecteur de l’armée britannique, après avoir interrogé plusieurs survivantes (in The Palestinian Catastrophe, par Michael Palumbo, 1987).
par
8 mai 2008
traduit de l’anglais par
Tandis que le maléfique Etat d’Israël célèbre ses soixante ans de nettoyage ethnique et d’atrocités contre les indigènes palestiniens, beaucoup de gens, dans le monde entier, en particulier dans les jeunes générations, ne seront pas totalement informés de la manière dont Israël a vu le jour. De même, les jeunes générations sionistes, qui ne cessent de qualifier leurs victimes palestiniennes de « terroristes » devraient avoir une idée plus claire du passé manifestement criminel d’Israël, que les livres de classe sionistes glorifient et chantent les louanges sans vergogne.
Avant l’Etat « juif », trois organisations terroristes juives oeuvraient en Palestine, essentiellement contre les civils palestiniens et contre des responsables ciblés du mandat britannique. Ces trois mouvements terroristes étaient les suivants :
Ce qui suit est simplement une liste de quelques-uns des exemples de terrorisme sioniste avant la création de l’Etat sioniste, en 1948 : cette liste ne comporte pas les massacres de grande ampleur comme Deir Yassin, Dawaymeh, Tantura et bien d’autres encore.
1937-1939
Durant cette période, les terroristes sionistes effectuèrent une série d’attentats terroristes contre des autobus palestiniens, causant la mort de 24 personnes et 25 blessés.
1939
1940
Le 6 novembre 1940, des terroristes sionistes, du Gang Stern, assassinèrent le ministre plénipotentiaire britannique en résidence au Moyen-Orient, Lord Moyne, au Cauire.
1940
Le 25 novembre, des terroristes juifs firent sauter le navire britannique S.S. Patria dans le port de Haifa, tuant 268 immigrants illégaux juifs. L’explosion, fomentée par l’organisation terroriste Haganah, visait initialement à empêcher ce navire de mettre les voiles. Toutefois, il semble que les terroristes aient méjugé de la quantité d’explosifs nécessaires pour mettre le bâtiment hors d’état de naviguer. D’autres sources ont indiqué qu’il ne s’agissait absolument pas d’une erreur de calcul, mais d’un massacre de masse de juifs délibéré, par des juifs, visant à attirer la sympathie et d’influencer la politique d’immigration britannique en Palestine.
1946
Des terroristes sionistes font sauter l’Hôtel King David à Jérusalem, qui abritait l’administration civile du gouvernement de
1946
Le 1er octobre, l’ambassade britannique à Rome est gravement endommagée par un attentat à la bombe, que l’Irgoun revendique..
1947
En juin 1947, un colis piégé adressé au ministère britannique de
1947
En décembre de cette même année, six Palestiniens sont tués et 30 blessés, des bombes ayant été lancées depuis des camions juifs contre des maisons arabes à Haïfa ; 12 Palestiniens furent tués et un Palestinien fut blessé, lors d’une attaque sioniste armée contre un village arabe côtier, près de Haïfa.
1947
Le 13 décembre, des terroristes sionistes, sans doute membres de l’Irgoun Zvei Leumi, assassinent 18 civils palestiniens et en blessent 60 autres à Jérusalem, Jaffa et Lod. A Jérusalem, des bombes sont lancées contre un marché arabe, près de
1947
Le 9 décembre, les terroristes de
1947
Le 29 décembre, deux policiers britanniques et 11 Palestiniens sont tués, et 32 autres, blessés, près de
1948
Le 1er janvier, des terroristes de
1948
Le 4 janvier, des terroristes de
1948
Le 5 janvier, l’Hôtel Sémiramis de Jérusalem (dont le propriétaire était un Arabe) explose, entraînant la mort de 20 civils, dont le Vicomte De Tapia, Consul d’Espagne.
1948
Le 7, 17 civils arabes sont tués par l’explosion d’une bombe à
1948
Le 16 janvier, des terroristes juifs font sauter trois immeubles arabes, tuant huit enfants, dont les âges s’échelonnent de 18 mois à 12 ans.
13.12.1947 – 10.02.1948
Sept attentats à la bombe perpétrés par les terroristes juifs se produisent, les cibles étant des civils arabes innocents, dans des cafés et sur des marchés, tuant 138 personnes et en blessant 271. Durant cette période ont lieu 9 attaques contre des autobus arabes. De plus, des terroristes juifs attaquent des trains de voyageurs, au moins à quatre reprises, tuant 93 personnes et en blessant 161.
1948
15 février ; les terroristes de
1948
3 mars. L’immeuble Salam, à Haifa (c’est un immeuble d’habitation de sept étages, avec des commerces au rez-de-chaussée), appartenant à un Arabe, est gravement endommagé par des terroristes juifs qui l’ont percuté avec un camion de l’armée, chargé de 400 kilos d’explosifs, tuant 11 civils arabes et 3 Américains. Le Gang Stern revendique l’attentat.
1948
22 mars. Des terroristes juifs du Gang Stern font exploser un immeuble de la rue d’Irak, à Haïfa, tuant 17 personnes et faisant une centaine de blessés. Quatre membres du Gang Stern avaient garé deux camions bourrés d’explosifs devant l’entrée.
1948
31 mars. Des terroristes juifs minent le train express Le Caire-Haïfa, tuant quarante personnes et en blessant soixante.
1948
16 avril. Des terroristes juifs attaquent un ancien camp de l’armée britannique à Tel Litvinsky, tuant 90 Palestiniens.
1948
19 avril. Quatorze civils palestiniens sont tués, à Tibériade, dans une maison que font sauter à l’explosif des terroristes sionistes.
1948
11 mai. Une lettre piégée adressée à Evelyn Baker, ancien commandant en chef en Palestine, est découverte juste à temps par son épouse.
25.04.1948 – 13.05.1948
A la suite d’attaques armées, les terroristes de l’Irgoun et de
1948
17 septembre. Le comte Folke Bernadotte, médiateur des Nations-Unies en Palestine, est assassiné par des membres du groupe Stern dans le secteur de Jérusalem contrôlé par les sionistes. L’aide de camp de Bernadotte, le colonel Sérot, est également assassiné par les terroristes juifs.
1948
En novembre, les villages arabes chrétiens d’Igrit et Birim sont attaqués et détruits, beaucoup de civils sans défense étant tués et blessés, dont des femmes et des enfants. Tous les habitants arabes chrétiens sont chassés de chez eux manu militari. L’Etat d’Israël persiste à refuser de les autoriser à retourner dans leurs villages, en dépit de plusieurs jugements de la cour suprême allant dans ce sens.
1948-1949
Les pires actes de terreur juive se sont produit lorsque des terroristes juifs, appelés aujourd’hui Forces Israéliennes de Défense, déracinèrent entre 700 et 800 000 Palestiniens de leur patrie ancestrale,
Vendredi 09 Mai 2008
8 mai 1945 : Pour en finir avec l'hypocrisie
«En Algérie, un commencement d´insurrection survenu dans le Constantinois et synchronisé avec les émeutes syriennes du mois de mai a été étouffé par le gouverneur général Chataigneau.»
Général de Gaulle (Mémoires)
Professeur Chems Eddine
A peine trois lignes , dans ses mémoires ont suffi au général de Gaulle pour décrire la tragédie et la mort de 45.000 Algériens . On remarquera aussi et toujours la main de l´étranger, la connexion avec la Syrie.... Chataigneau-voire Duval-le boucher Constantinois- auraient en réalité, reçu des consignes de fermeté de la part du chef du gouvernement: "Affirmer publiquement volonté France victorieuse. Ne laisser porter aucune atteinte à souveraineté française sur Algérie. Prendre toutes mesures nécessaires pour réprimer les agissements antifrançais d´une minorité agitateurs." Il est tout de même troublant de constater que la Syrie, sous mandat français à l´époque, connut le même jour des troubles analogues. Dans la région de Sétif, quelques semaines avant le drame, des émissaires musulmans portaient le message du Jihad aux ouvriers et travailleurs agricoles. Il était souvent question des "Anglais" qui appuieraient le soulèvement. Il est fort probable que les services secrets britanniques et américains, entre autres, auraient vu d´un bon oeil l´expulsion des Français de terres, dont l´Angleterre lorgnait les ressources diverses.
Pour expliquer les raisons de cette répression brutale et qui est de loin plus importante que le fameux "Ouradour -sur- Glanes" où près de 500 personnes furent tuées par des Allemands, Bélaïd Abdesselam a raison d´écrire, justement, que la France avait une revanche à prendre sur l´histoire en s´attaquant aux plus faibles. Nous l´écoutons: "...Au demeurant, les Français étaient parfaitement conscients du coup porté à leur prestige vis-à-vis de notre population en Algérie, par leur défaite devant l´armée allemande en 1940.Ils sentaient qu´ils étaient brutalement diminués devant l´indigène.(..) Aussi, le désir d´infliger aux indigènes une leçon qui leur rappellerait l´autorité du pouvoir colonial, la force de la France, était-il très fort parmi les Européens d´Algérie, mais ils étaient conscients qu´ils ne maîtrisaient plus la situation, ce qui ajoutait encore à la hargne qu´ils nourrissaient à l´égard des Algériens. (...) Ce qui explique la sauvagerie et la brutalité avec laquelle Weygand fit condamner les dirigeants PPA et exécuter le chef scout Mohammed Bouras. (...) Aussi, les autorités coloniales françaises se montraient-elles soucieuses d´éviter tout ce qui pouvait inciter la population algérienne à menacer l´ordre colonial. (...) Cette occasion, elles allaient la saisir avec les manifestations du 8 Mai 1945. De la même manière qu´en 1871, les généraux français, qui avaient été mis en déroute par l´armée prussienne devant laquelle ils durent capituler, allaient mettre à profit l´insurrection de Mokrani pour exercer leur vindicte sur le peuple algérien en infligeant une répression féroce aux populations de Kabylie et du Constantinois. Comme en 1871, après la signature de la paix avec le Nouvel empire allemand, la fin de la guerre mondiale, en 1945, libérait les autorités françaises de la contrainte de ménager les arrières et De Gaulle ordonna la plus sanglante opération répressive qu´eut à subir le peuple algérien sous la domination française...Le général Duval agissait pratiquement sous ses ordres"(1)
Deux mois durant
Ceci est corroboré par le fait que, non invitée à la Conférence de Yalta, malgré l´alliance franco-soviétique de décembre 1944, la France fut pourtant appelée à participer à l´occupation de l´Allemagne et de l´Autriche, et à parrainer la fondation de l´ONU comme grande puissance invitante à la Conférence de San Francisco. Pour atteindre et conserver ce rang, elle avait besoin de conserver l´Afrique du Nord, clé de vote de l´Empire. C´est pourquoi le général de Gaulle, avant de rejoindre la France libérée, avait chargé le général Henry Martin, commandant la 19e Région militaire, de coordonner les troupes des trois territoires pour "empêcher l´Afrique du Nord de glisser entre nos doigts pendant que nous délivrons la France".
La répression, menée par l´armée et la milice de Guelma, est d´une incroyable violence: exécutions sommaires, massacres de civils, bombardements de mechtas. Deux croiseurs, Le Triomphant et Le Duguay-Trouin tirent plus de 800 coups de canon depuis la rade de Bougie sur la région de Sétif. L´aviation bombarde et rase, plus ou moins complètement, plusieurs agglomérations kabyles. Une cinquantaine de "mechtas" sont incendiées. Les automitrailleuses font leur apparition dans les villages et elles tirent à distance sur les populations. Les blindés sont relayés par les militaires arrivés en convois sur les lieux. À l´image d´une milice de 200 personnes qui se forme à Guelma sous l´impulsion du sous-préfet André Achiary qui distribue toutes les armes disponibles, soit les 60 fusils de guerre qui équipaient les tirailleurs et se livre à une véritable chasse aux émeutiers. Pendant deux mois, l´Est de l´Algérie connaît un déchaînement de folie meurtrière ». (2)
De nombreux corps ne peuvent être enterrés; ils sont jetés dans les puits, dans les gorges de Kherrata en Kabylie. Des miliciens utilisent les fours à chaux pour faire disparaître des cadavres. Saci Benhamla, qui habitait à quelques centaines de mètres du four à chaux d´Héliopolis, décrit l´insupportable odeur de chair brûlée et l´incessant va-et-vient des camions venant décharger les cadavres, qui brûlaient ensuite en dégageant une fumée bleuâtre. De nombreux musulmans, dirigeants politiques et militants du Parti du peuple algérien (PPA), des Amis du manifeste de la liberté (AML) (dont le fondateur Ferhat Abbas) et de l´Association des Oulémas furent arrêtés. Lorsqu´une faction ou un douar demandait l´aman ("le pardon"), l´armée réclamait les coupables. Le 28 février 1946, le rapporteur de la loi d´amnistie (qui fut votée) déclarait en séance: "Quatre mille cinq cents arrestations furent ainsi effectuées, quatre-vingt-dix-neuf condamnations à mort dont vingt-deux ont été exécutées, soixante-quatre condamnations aux travaux forcés à temps et il y aurait encore deux mille cinq cents indigènes à juger". La répression prend fin officiellement le 22 mai. L´armée organise des cérémonies de soumission où tous les hommes doivent se prosterner devant le drapeau français et répéter en choeur: "Nous sommes des chiens et Ferhat Abbas est un chien". Des officiers exigent la soumission publique des derniers insurgés sur la plage des Falaises, non loin de Kherrata. Certains, après ces cérémonies, sont embarqués et assassinés. Pendant de longs mois, les Algériens musulmans qui, dans les campagnes, se déplaçaient le long des routes continuèrent à fuir pour se mettre à l´abri, au bruit de chaque voiture. L´historien algérien Boucif Mekhaled, raconte: "[À Kef-El-Boumba], j´ai vu des Français faire descendre d´un camion cinq personnes les mains ligotées, les mettre sur la route, les arroser d´essence avant de les brûler vivants".(2)
Les massacres furent atroces et les estimations beaucoup plus fortes circulèrent dans la presse française de gauche (6000 à 8000 morts), anglo-américaine et arabe, jusqu´aux 45.000 morts affirmés par les nationalistes algériens. On sait pourtant que les tribunaux militaires prononcèrent 1028 non-lieux, 577 acquittements, 1868 peines d´emprisonnement et 157 condamnations à mort (dont 33 furent exécutées). Devant l´horreur indescriptible des massacres et sans en faire une mercuriale- le général Tubert reconnaît au moins 15.000 morts-, il nous vient à l´esprit la phrase de Boumediene: "Ce jour-là, j´ai vieilli prématurément. L´adolescent que j´étais est devenu un homme. Ce jour-là, le monde a basculé. Même les ancêtres ont bougé sous terre. Et les enfants ont compris qu´il faudrait se battre les armes à la main pour devenir des hommes libres. Personne ne peut oublier ce jour-là.". Cette phrase résume plus que cent discours, les fondements de la révolution de 1954, d´ailleurs pour l´historien et révolutionnaire Mohamed Harbi, la guerre d´Algérie a débuté à cette date.
Les conséquences psychologiques furent considérables. La répression, qui a suivi, a développé dans les masses arabes un sentiment de crainte et d´hostilité. Les premiers furent traumatisés par les atrocités commises par les insurgés (mutilations, viols). Les seconds eurent le sentiment d´avoir été attirés dans un guet-apens. La milice de Guelma, dont l´action fut particulièrement mise en cause, avait été créée par le sous-préfet gaulliste Achiary, et soutenue par la "France combattante" (rassemblement de la gauche résistante).
Curieusement, le pouvoir colonial avait une singulière façon de récompenser les Algériens engagés pour sa cause, cette "chair à canon" qui répondait chaque fois présent pour guerroyer sur tous les champs de bataille pour porter haut et fort le drapeau de la France. Qu´on en juge! Chaque fois que la France était en détresse, elle a fait appel à ses colonisés et, notamment les Algériens. Pour rappel, des Algériens, les fameux tirailleurs, qui n´étaient encore que des spahis puis des zouaves (zouaouas), eurent à défendre la France à Wissembourg en 1871; ils purent prendre une colline au prix de lourdes pertes (quelques dizaines de rescapés sur les huit cent du départ). Il en fut de même pendant la Seconde Guerre mondiale; ce furent des régiments de tirailleurs algériens qui gardèrent la ligne Maginot en vain, et qui s´illustrèrent avec les Marocains et Tunisiens à Monte Cassino, colline réputée imprenable de janvier à mai 1944. L´ancien président Ahmed Ben Bella fut décoré à cette occasion. Dès la déclaration de guerre, le 3 septembre 1939, la France envoie plusieurs régiments de tirailleurs algériens en Tunisie. Pendant toute la durée du conflit, plus de 134.000 soldats algériens servirent dans l´armée d´Afrique. Les soldats algériens contribuent aux titres de gloire de l´armée française. Ils combattent en Italie au sein du "Corps expéditionnaire français", commandé par le général Juin. Ils affrontent les troupes de Kesselring, notamment autour de Monte Cassino. Les tirailleurs et spahis algériens participent activement avec le 2e corps d´armée, commandé par le général de Lattre, à l´opération " Anti-Dragoon" qui libérera en moins de dix jours la Provence de la XIXe armée allemande (Toulon le 27 août 1944 et Marseille le 28 août 1944). Ils entreprennent ensuite la marche fulgurante vers le nord. La devise du 2e régiment de tirailleurs algériens résume bien, à elle seule, l´esprit des Algériens de 1914, soldats de la liberté "Dieu est avec nous, pour notre drapeau et pour la France".(3) On remarquera au passage l´instrumentalisation, sachant que les Algériens étaient très attachés à leur religion, comment Dieu est convoqué pour le prestige de la France..
Pour prix de leur dévouement au prestige de la France, les Algériens, de retour au pays, découvrent la désolation, ce furent les déportations de parents ou d´amis, en Nouvelle Calédonie après 1871, ce furent les massacres sans nom et sans répit dès leur retour en mai 1945, eux qui voulaient fêter la victoire sur le nazisme. La reconnaissance à dose homéopathique et étalée dans le temps de l´horreur du drame, nous laisse rêveur. Ce fut d´abord pendant de longues décennies le black-out total, la guerre d´Algérie, c´était les "événements d´Algérie", il a fallu quarante ans pour que la France, "mère des arts, des armes et des lois" reconnaisse qu´il y avait bien une guerre. A cette cadence mutatis mutandis, il nous faudra attendre un autre demi-siècle pour que les massacres à grande échelle de 1945 et, qui se sont étalés sur plusieurs mois, en jugements, condamnations et guillotine, soient appelés par leur nom: un génocide. Il est vrai que, nous dit-on, que ce concept de "génocide", marque déposée, aurait été inventé par un échappé des camps de la mort nazi. On comprend alors mieux,encore une fois, la singularité des massacres des juifs et la nécessité de l´exclusivité. D´autant que la détresse réelle du peuple juif pendant la Seconde Guerre mondiale est devenue au fil des ans ce que Norman Finkielstein- dont les parents périrent en déportation- dénonce comme étant une industrie de l´Holocauste, véritable pompe à finances ad vitam aeternam avec en prime un mémorial "Yad Vashem...à Jérusalem, convoquant pour l´occasion, la Bible: « Et je leur donnerai dans ma maison et dans mes murs un mémorial (Yad) et un nom (Shem) qui ne seront pas effacés ».(4) Ce n´est pas, on l´aura compris, demain que la France viendra s´incliner devant le mémorial des victimes de la bestialité du pouvoir colonial.
La repentance évacuée
"Une Nation se grandit à reconnaître ses erreurs", disait l´ancien président français, Jacques Chirac. Ce concept n´est pas partagé par l´actuel ambassadeur de France à Alger. Bernard Bajolet dénonce, certes, mais ne condamne point. Intervenant, la semaine passée, à l´université 8-Mai 1945 de Guelma, l´ambassadeur de France en Algérie a estimé que "le temps de la dénégation est terminé". S´exprimant devant les enseignants et les étudiants, du wali et du recteur de l´université 8-Mai 1945 de Guelma, Bernard Bajolet, tout en estimant qu´on ne peut occulter cette terrible tragédie des massacres du 8 Mai 1945, a admis que "les autorités françaises de l´époque avaient eu une très lourde responsabilité dans ce déchaînement de folie meurtrière qui a fait des milliers de victimes innocentes, presque toutes algériennes". Le diplomate français a qualifié ces massacres d´"insulte aux principes fondamentaux de la République française et marqué l´Histoire d´une tache indélébile". Faisant dans la rhétorique, Bernard Bajolet a tenu à préciser que "la France n´entend pas, n´entend plus les occulter", sans toutefois faire allusion, une seule fois, à toute repentance.(5)
Ce douloureux événement, loin d´être de "simples émeutes de la faim", comme l´avait présenté la presse coloniale de l´époque, fut une véritable action d´extermination d´un peuple qui a manifesté -jour de liesse de la victoire des Alliés à laquelle les Algériens ont largement contribué- pour revendiquer son droit à la liberté et à l´indépendance. Le temps n´est pas encore à la "création d´une "mémoire commune" unificatrice ", comme le souhaite Alain Gresh, même s´il a peut-être raison d´y voir la condition d´une future " réinvention d´une identité française ". Il n´est certainement pas au sommeil laiteux de la " réconciliation des coeurs " ou à l´accouplement des " mémoires meurtries ", comme on peut l´entendre ici et là. Le problème reste entier, la plaie est toujours ouverte. Il ne peut y avoir de marchandage pour la dignité humaine.
1.Belaïd Abdesselam: Le hasard et l´histoire: Entretien réalisé par Mahfoud Bennoune et Ali El Kenz. Tome1. p. 15-20. Réédition Enag 2007.
2.Les événements du 8 Mai 1945 Encyclopédie Wikipédia
3.Les régiments de tirailleurs algériens Encyclopédie Wikipédia.
4.Bible: Esaïe 56, 5.
5.Bernard Bajolet: Conférence université de Guelma 27 avril 2008
Professeur Chems Eddine Chitour
Ecole Polytechnique Alger
Vendredi 09 Mai 2008
vendredi 25 avril 2008
Gaza : Une Shoah Casher.
Pourquoi et comment les Juifs si présent dans l'éstabishment des nations peuvent-ils se taire devant les saloperies d'Israel ?

Obsèques de quatre garçons tués jeudi dans un bombardement Israélien alors qu'ils jouaient au foot devant chez eux.
En juin 1942, en représailles à l'assassinat du commandant nazi Reinhard Heydrich, les Allemands se sont livrés à un déchaînement de violence meurtrière et de terreur dans toute la Tchécoslovaquie. Le petit village tchèque de Lidice a le plus souffert de la vengeance allemande, avec la S.S. tuant tous les hommes, déportant toutes les femmes et les enfants et rasant le village. Et ici, en France, avons-nous déjà oublié le martyr d'Ouradour sur Glane où les femmes et les enfants ont été enfermés dans l'église que les S.S. ont brûlé après avoir fusillé les hommes dans les granges ?
De même, en mars 1944, trente-trois soldats allemands ont été tués quand des membres d'un groupe de résistance italienne a déclenché une bombe près d'une colonne allemande qui circulait sur la via Rasella, à Rome. Adolph Hitler furieux avait ordonné que dans les 24 heures, dix Italiens devaient être tués pour chaque soldat allemand tué. Herbert Kappler, le commandant allemand local, rapidement a dressé une liste de 320 civils qui devaient être assassinés par vengeance. Le 24 mars, les victimes ont été transportées dans le grottes ardéatines où ils ont été sommairement exécutés par les SS.
De nombreuses autres «opérations de pacification» avaient été menées par les armées nazies contre les civils dans toute l'Europe occupée, dans laquelle des hommes, des femmes et des enfants ont été brutalement assassinés pour venger la mort de soldats de l'occupation allemande par les combattants de la résistance.
Alors, quelle est la différence entre ces atrocités nazies et celles qu'Israël, la «seule démocratie au Moyen-Orient» perpétue dans la bande de Gaza, où «l'armée la plus morale du monde" assassine des bébés âgés de six mois qui ne sauront jamais ce qu'est un printemps? Je sais que beaucoup de juifs, surtout des juifs sionistes, ont développé presque instinctivement un réflexe de réaction défensive à toute comparaison entre Israël et l'Allemagne nazie. Cependant, la vérité doit être proclamé à haute voix, quel que soit le nombre sionistes à fâcher.
Israël prétend ne pas commettre de meurtres délibérés de civils innocents. Mais cela constitue un gros mensonge obscène, que la plupart des Israéliens enfouissent dans leur inconscience. Des erreurs peuvent se produire quelques fois, mais lorsque l'abattage sauvage d'enfant se produit, chaque jour tout au long de l'année, cela s'appelle par euphémisme cynique: une politique de la bavure. (Ce matin même, 32 Palestiniens tués dont 5 enfants. (ndt) )
Ainsi, les Juifs du monde entier, notamment ceux qui soutiennent Israël, reconnaissent en leur for interieur que ce que fait le merveilleux État d'Israel à ces Palestiniens sans défense est un véritable holocauste, ou au moins un holocauste en devenir.
(Quand le vice-ministre israélien de la Défense Matan Vilnaï est allé jusqu'à menacer les gazaouites d'une «shoah». La boucle est bouclée (ndt) )
Comment ces images fantasmagoriques en provenance de Gaza, ne pourraient-elles hanter la conscience de chaque être humain intellectuellement honnête ?
Certes, Israël n'a pas mis en place des chambres à gaz à Beit Hanoun et Khan Younis ou à Rafah. Mais nous avons les bombes de F-16, des hellicos Apache, du canon des chars Merkeva qui pleuvent sur le sommeil et la mort d'enfants, de femmes et de civils désarmés.
Si les Juifs de France et du monde, qui soutiennent cette entité satanique, ne sont pas disposés à appeler les choses par leur nom et de reconnaître un holocauste pour ce qu'il est, alors ils doivent être considérés comme des complices actifs dans ce déchaînement de violence aveugle de meurtre et de terreur.
L'actuel assaut israélien sur Gaza, cela ne s'apparente pas une guerre. Les guerres se produisent qu'entre des armées et des États.
Ce qui se passe à Gaza est en fait une impitoyable et brutal déchaînement de meurtres et de terreur menée par une Wehrmacht contre un blocus. Aux yeux des Juifs israélien, la mort serait-elle trop paresseuse dans les camps de concentration palestiniens? Mais assiégé et affamé, l'être humain assoiffé d'indépendance survit quand même sur les chemins sanglants de sa liberté. De façon similaire, des Juifs nés sous l'occupation nazie en Europe occupée ont survécus à l'horreur.
En effet, quand Israël, comme les nazis, exécute 100 palestiniens pour 1 Israélien, comment ne pas trouver de similitude ?
Les hommes et les femmes intègres dans le monde entier, y compris de nombreux juifs, ne peuvent accepter en conscience les crimes odieux qu'Israël est en train de commettre en leur nom collectif. Un holocauste, après tout, ne devient pas un moindre mal lorsqu'ils sont perpétrés par des Juifs au prétexte que cet holocauste serait casher.
Eh bien, si Israël pense que la réalisation d'un holocauste contre ses victimes à Gaza et à Rafah et Khan Younis est justifié, alors pourquoi blâmer Hitler pour effectuer un holocauste contre ses propres ennemis et nous bassiner avec le “devoir de mémoire” ?
Dans le silence assourdissant de leur neutralité communautaire les Juifs, comme tout être humain qui se respecte, se rendent compte que cet État est criminel, de par son intransigeance et son bellicisme. Il doivent s'obliger, se faire violence, à revendiquer un jugement moral.
Aujourd'hui, les gens dans le monde, dont des millions de Juifs, observent, le regard fuyant l'abattage pornographique dans la bande de Gaza en direct sur leurs écrans de télévision. Et aucun “hasbara” (Programme des A.E. d'Israel réactivé depuis les massacres au Liban, consistant à polluer les sites internet qui critiquent Israël) ne pourra rendre anodines les images de bébés mutilés.
LeLoup avec Khalid Amayreh à Jérusalem-Est
Samedi 01 Mars 2008
mardi 4 décembre 2007
Atlantide : les conclusions de l'expedition de Chypre
Bien que de nombreux chercheurs aient rayé définitivement l’île de Chypre de la liste des sites potentiels du continent perdu, l’organisateur de l’expédition Cyprus/Atlantis, Robert Sarmast, vient d’annoncer que ses travaux de terrain menés l’année dernière dans les fonds marins de Chypre ont mis à jour des structures spectaculaires. Il serait en possession d’images sous-marines montrant clairement un long mur de 3 kilomètres de long, qui devrait être filmé de près par un petit sous-marin lors d’une prochaine expédition en 2006, sponsorisée par une chaîne américaine de télévision, qui prévoit réaliser un documentaire de 2 heures sur l’Atlantide.
Pour Sarmast, pas de doute : l’Atlantide se trouve à 80 kilomètres de la côte sud-est de Chypre, à environ 1,5 kilomètres de profondeur. « Tous les indices nous mènent ici. Il n’y a pas un scientifique sur cette planète qui serait capable de démontrer que ces structures sont en réalité naturelles. Pas de doute, c’est là que la civilisation a commencé » affirme-t-il sans ambages.
jeudi 11 octobre 2007
Depuis 1967, Israël a emprisonné 700 000 Palestiniens
Selon un rapport détaillé du chef de la division du recensement du ministère palestinien des détenus, Abdul-Nasser Farawna, ce sont au total 700 000 Palestiniens qui ont, au cours des quarante dernières années, été arrêtés dans les territoires occupés et détenus par Israël.
Jeudi 11 Octobre 2007
Voltairenet.org
